Carte des résultats électoraux de 2012: le défi de la CAQ

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Combien d'électeurs se sont prévalus de leur droit de vote le 4 septembre? Quels partis ont terminé 2e dans l'ensemble des circonscriptions? La langue des électeurs a-t-elle influencé leur vote? Nos deux nouveaux outils interactifs, conçus avec les données rendues disponibles à ce jour par le Directeur général des élections du Québec, permettent de pousser plus loin l'analyse des résultats.

En comparant la carte détaillée des résultats des élections de mardi à celle de 2008, le professeur Marc-André Bodet, de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires à l'Université Laval, remarque une chose: «Une concordance frappante entre les zones d'appui adéquistes et caquistes.» «Cela suggère l'apparition d'un marché politique durable pour un message de centre droit. Ce marché est différent d'une clientèle électorale qui serait rattachée à un parti ou à un chef. Est-ce une bonne nouvelle pour la CAQ? Je crois que oui.»

C'est donc une source de réconfort pour le parti de François Legault, arrivé troisième aux élections de mardi avec 19 sièges pour 27% des voix. Dans ce nouveau contexte politique, M. Legault pourra ajuster le tir pour gagner - ou pas - de nouveaux adhérents, notamment dans les (nombreuses) circonscriptions où la CAQ est arrivée deuxième.

Deux nouveaux outils interactifs, sur lapresse.ca, permettent en effet de voir sous un autre angle les résultats du vote de mardi. La carte détaillée des résultats des élections de 2008 s'enrichit maintenant des résultats de 2012 avec le taux de participation dans chacune des circonscriptions.

L'autre graphique échelonné permet de mesurer les appuis qu'ont récoltés les partis dans chaque circonscription et de les comparer avec la langue des électeurs.

Sans surprise, les circonscriptions à majorité anglophone ont choisi le Parti libéral. Mais, selon Marc-André Bodet, il faut se garder d'établir une relation systématique entre anglophones et Parti libéral: «On est tenté de dire que l'un mène à l'autre, ce qui est probablement vrai dans l'ouest de l'île de Montréal, dit-il. Mais il n'est pas clair que cette relation est aussi forte dans les circonscriptions où les anglophones sont en minorité.»

Autre observation: seulement 28 des 125 députés ont été élus par la majorité absolue des électeurs de leur circonscription. Dans la plupart des cas, la majorité des électeurs a voté pour un autre candidat. «À partir du moment où il y a un troisième parti dans la course, la majorité est presque mathématiquement impossible à obtenir. La nouvelle majorité est alors plus de l'ordre de 40%, dit M. Bodet. Ce n'est pas surprenant dans notre système.»

Est-ce que le constat pourrait alimenter le débat sur une réforme du mode de scrutin? Peut-être, croit le chercheur, même si aucun des trois principaux partis ne manifeste pour le moment le désir d'avoir une représentation plus proportionnelle du vote. Cette fois-ci, le parti au pouvoir est celui qui a obtenu le plus de votes, ce qui n'avait pas été le cas aux élections de 1998.

«François Legault n'a pas parlé de réforme électorale dans son discours», note le chercheur. Pourtant, son parti est sous-représenté à l'Assemblée nationale compte tenu du nombre de votes qu'il a reçus. «Il estime probablement que, à l'avenir, le système actuel pourrait le servir.»

L'Assemblée nationale ressemble donc à la Chambre des communes de 2004, lorsque les Canadiens avaient donné un mandat minoritaire aux libéraux. Il aura fallu trois autres scrutins pour que Stephen Harper et le Parti conservateur obtiennent un mandat majoritaire. Au Québec, le système partisan est très stable depuis 40 ans, observe M. Bodet. «La donne politique est maintenant à redéfinir. On ne peut savoir pour le moment qui va en profiter. Certaines fenêtres d'opportunité ne mènent pas à des changements importants. Le statu quo est toujours difficile à briser. Mais une chose est sûre, cette élection est une ouverture plutôt qu'une conclusion.»

Des chiffres:

28

Nombre de députés qui ont été élus par la majorité des électeurs de leur circonscription.

88%

Taux de participation le plus élevé dans une circonscription, celle de Montarville.

42%

Taux de participation le plus faible dans une circonscription, celle d'Ungava (Inuits et Cris participent habituellement peu aux élections provinciales).

53%

Proportion d'allophones dans la circonscription d'Ungava, seule circonscription à avoir élu un député péquiste même si les francophones sont en minorité.




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