Université Laval: le recteur et le gouvernement Couillard critiqués

Le recteur de l'Université Laval Denis Brière est... (Photo Patrice Laroche, Le Soleil)

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Le recteur de l'Université Laval Denis Brière est critiqué par plusieurs pour être resté silencieux pendant trois jours avant de commenter les événements qui ont eu lieu dans une résidence universitaire le week-end dernier.

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(Québec) L'opposition a critiqué la manière dont le recteur de l'Université Laval a répondu à une vague d'agressions sexuelles sur son campus, mercredi. Elle a aussi accusé le gouvernement Couillard d'être resté les bras croisés face à la crise.

La Coalition avenir Québec reproche au recteur Denis Brière d'être resté silencieux pendant trois jours avant de commenter les événements qui ont eu lieu dans une résidence universitaire le week-end dernier. Son chef François Legault s'insurge aussi contre la lenteur avec laquelle a réagi la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault.

« Il faut être présent médiatiquement quand il y a des problèmes de cette ampleur-là, a dénoncé le chef caquiste, François Legault. Donc [M. Brière] aurait dû être présent. Je pense que la ministre, aussi, aurait dû être présente rapidement pour rassurer, pour s'assurer qu'on a aussi la collaboration des autres ministères ou organismes. »

La députée du Parti québécois, Mireille Jean, s'est dite « déçue » par la réaction du recteur.

« Je ne dis pas que, pour lui, ce n'est pas important. Mais lorsque tu ne réagis pas, tu lances un message comme quoi ce n'est peut-être pas un enjeu si important, a-t-elle dénoncé. Et pourtant, c'est un enjeu extrêmement important. »

Plus tôt dans la journée, les ministres Lise Thériault (Condition féminine), Hélène David (Enseignement supérieur) et Sébastien Proulx (Éducation) ont tous refusé de lancer la pierre à Denis Brière. Mais ils se sont bien gardés de cautionner son travail aussi.

Mme Thériault, qui commentait le dossier pour la première fois, a refusé de commenter le travail de M. Brière. À ses yeux, il était « absolument » possible de dénoncer les gestes commis sur le campus sans compromettre l'enquête, contrairement à ce que soutient le recteur.

La ministre a également souligné l'importance de dénoncer les agressions.

« Le fait de parler, de dénoncer les agressions tout de suite en partant, c'est important, a dit Mme Thériault. Après ça, il faut s'assurer qu'on a les gens pour pouvoir leur parler, pour faire le suivi avec elles. »

Questionnée directement sur le leadership dont a fait preuve le recteur, la ministre David a soigneusement évité de le nommer.

« Ce que je sais, c'est que l'Université Laval prend la situation très au sérieux, a-t-elle répondu. Comme vous le constatez, je prends la situation très au sérieux. »

« Je ne suis pas responsable de l'agenda de M. Brière », a-t-elle ajouté.

Mme David avait visité le campus, mardi, pour rencontrer des étudiants ainsi que la cellule de crise mise en place par l'administration.

15 plaintes

Le Service de police de la Ville de Québec a révélé mercredi matin avoir reçu 15 plaintes pour des introductions par infraction dans la nuit de vendredi à samedi. Au moins quatre personnes ont été victimes d'agressions à caractère sexuel.

Ce n'est que trois jours après les faits que le recteur a pris la parole pour commenter les événements, un mutisme qui lui a valu plusieurs critiques. M. Brière a justifié son silence par son désir de ne pas nuire à l'enquête.

Il a également révélé s'être absenté du campus pendant la crise, notamment pour effectuer un voyage à Montréal.

Selon la députée de Québec solidaire, Manon Massé, le recteur a manqué de leadership dans les derniers jours.

« Il y a probablement eu une occasion manquée d'avoir là un propos très ferme, très clair, sur la non-acceptabilité des choses », a déploré Mme Massé.

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