Le recteur de l'Université Laval, Denis Brière, a condamné pour la première fois l'agression de plusieurs étudiantes dans une résidence de son campus, hier. Et il a défendu sa gestion de la crise, lui qui était emmuré dans le silence les trois jours précédents.

Martin Croteau  LA PRESSE

La vague d'agressions sexuelles qui s'est déroulée dans un pavillon des résidences a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi. Mais c'est seulement hier que M. Brière a accepté de commenter les événements. Il a dit l'avoir fait à cause de « l'insistance » des médias.

« Lorsqu'il y a enquête, je ne peux pas réagir, a-t-il expliqué. Ce n'est pas le rôle du recteur lorsqu'il y a une enquête, parce que ça fait partie du protocole d'une enquête et je l'ai toujours respecté. »

Critiqué pour sa gestion de crise, M. Brière a confirmé qu'il s'était absenté du campus depuis les événements, notamment pour faire un voyage à Montréal. Il s'est montré irrité lorsqu'on l'a questionné sur son emploi du temps des derniers jours.

« Pourquoi vous me demandez ça ? a-t-il répondu. Vous voulez avoir mon agenda ? »

«Totalement inacceptable»

La police a recensé 11 cas d'introduction par effraction, et 4 cas de gestes à caractère sexuel. Aucune arrestation n'a eu lieu et aucun suspect n'a encore été identifié. La police n'a pas encore établi si le crime est l'oeuvre d'une ou de plusieurs personnes.

« Un événement comme ça est totalement inacceptable, a déclaré le recteur, qui dénonçait les gestes pour la première fois. On va tout faire pour ne pas que ça se reproduise sur notre campus, ou même ailleurs dans les universités parce que c'est un phénomène qui touche l'ensemble des universités. »

M. Brière a assuré que la sécurité avait été rehaussée et qu'elle pourrait l'être encore davantage au besoin. Il a également rappelé que l'université avait mis à la disposition des étudiants un service d'aide psychologique.

Le recteur était accompagné de la ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David, qui a visité l'établissement pour rencontrer des groupes étudiants. Elle s'est dite prête à verser une aide financière à l'Université Laval si celle-ci devait trouver une faille de sécurité.

Manque d'empathie

Sur le campus, hier, les explications du recteur en ont laissé plusieurs sur leur faim.

« Ça démontre le manque d'empathie de M. Brière et le manque d'empathie de l'ensemble de l'institution, qui n'a pas pris au sérieux cette crise », a dénoncé le porte-parole du Syndicat des employés de soutien, Éric-Jan Zubrzycki.

Les problèmes de sécurité dans le pavillon touché par les événements du week-end étaient connus depuis longtemps, a dit M. Zubrzycki. Mais selon lui, l'administration a refusé d'équiper les chambres de verrous adéquats.