Garderies: Couillard justifie la réforme du financement

Philippe Couillard... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

Philippe Couillard

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le gouvernement Couillard justifie la réforme du financement des centres de la petite enfance (CPE) et des garderies privées subventionnées qui, selon les acteurs du réseau, entraînera d'importantes mises à pied.

Québec entend couper 120 millions de dollars l'an prochain. Il veut réduire les subventions des services de garde en fonction de ceux qui lui coûtent le moins cher. Il parle du « tiers performant ». 

Pour le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, « c'est du nivellement par le bas » qui ne tient pas compte de la qualité des services. « Le gouvernement s'évertue à affaiblir les CPE », a-t-il accusé.

« Il parle de nivellement par le bas, j'y vois plutôt une tentative de rehaussement vers le haut, vers les meilleures pratiques de gestion, le meilleur rapport entre l'investissement public et la qualité des services obtenues », a répliqué le premier ministre Philippe Couillard lors de la période des questions à l'Assemblée nationale jeudi. Il est selon lui « tout à fait correct de s'inspirer des meilleures gestionnaires possible, d'avoir les services publics de la meilleure qualité possible au meilleur prix possible. »

« C'est ce qu'on doit faire. Et si on avait fait ça depuis quelques années, on n'en serait pas là. On a réussi, et je vais m'exprimer en bon Québécois, à sortir le Québec du trou, et on va s'assurer qu'on garde la tête en dehors de l'eau », a-t-il ajouté. Pour M. Couillard, « il n'y a pas de coupures, c'est une saine gestion des fonds publics ».

La ministre de la Famille, Francine Charbonneau, soutient que le financement des CPE et des garderies privées subventionnées doit absolument être revu. « Parce que ça fait 18 ans que les services sont financés de la même façon, parce qu'il y a des CPE qui sont en déficit, qu'il y en a d'autres qui sont en surplus », a-t-elle plaidé.

Le gouvernement verse des subventions aux services de garde et est en droit de leur demander des comptes, a-t-elle ajouté. « Les décisions qu'ils prennent comme gestionnaires sont importantes, et on a le droit de se questionner à savoir comment vous faites, faites-vous bien, faites-vous plus, faites-vous moins ? Parce qu'ils ont des comptes à rendre au gouvernement avec l'argent qu'on leur donne. »

Et si la réforme entraîne des mises à pied? « Je n'irai pas là, moi j'en suis plus sur le financement pour le service à chacun des enfants », a-t-elle répondu. Est-ce que des mises à pied, c'est une solution pour être plus performant? « Pour l'instant, on est en discussion, a-t-elle affirmé. Je n'ai pas établi rien. Ce qu'il faut dire aux parents du Québec, c'est qu'on veut la pérennité du réseau. »

Les compressions de 120 millions pour 2016-2017 s'ajoutent aux coupes de 74 millions de cette année et à celles de 100 millions imposées en 2014-2015. Dans les circonstances, et en particulier avec la réforme à venir, il y aura des mises à pied « très importantes, dit-on dans le réseau des services de garde.

Des coupes inévitables, selon l'AQCPE

L'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) estime que les compressions prévues l'an prochain représentent l'équivalent de 2800 éducatrices. Des mises à pied sont inévitables selon elle. « Avec les années, les coupures sont venues restreindre notre capacité de couper ailleurs. Pour un repas et deux collations, ce qui est financé, c'est 2$ par enfant par jour. Pour le matériel éducatif, c'est 100$ par année par enfant. Il n'y en a pas de marge de manoeuvre. C'est pour ça qu'on arrive à la conclusion que le seul endroit qui reste, c'est les salaires », a affirmé son directeur général, Louis Senécal. Il rappelle que 80 % du budget d'un CPE est consacré à la masse salariale. 

« Le Ministère nous dit qu'on est capables de gérer les débuts et les fins de journée en reconfigurant les groupes à chaque fois qu'un enfant arrive ou quitte. Mais dans les faits, c'est évident que c'est en retournant des éducatrices à la maison que ça va se faire », a-t-il plaidé.

Selon lui, « le gouvernement n'a pas pris la juste mesure de leurs compressions » et « il est encore temps de faire volte-face ».

 AUTRES RÉACTIONS

« Déjà, les parents sont choqués de la hausse qui était pourtant contraire aux promesses de M. Couillard, des tarifs de garderie. Qu'on trouve des méthodes pour être plus efficaces, moi je veux bien. Mais pourvu qu'on coupe dans la bureaucratie. On ne doit pas couper dans les services aux enfants. Ça va faire. » 

- Le chef caquiste François Legault  

 « S'il y avait 2800 emplois menacés dans le secteur privé, ça ferait déjà une semaine que tout le gouvernement aurait déployé son énergie pour sauver ces emplois-là, qu'il y aurait des promesses de subventions ou de crédits d'impôt. Est-ce que 2800 emplois féminins, c'est sans importance? Alors, j'en appelle vraiment au premier ministre pour ramener un petit peu de bon sens au ministère de la Famille. Il faut arrêter de couper les centres à la petite enfance. » 

- La députée de Québec solidaire, Françoise David

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer