Un trouble de la personnalité ne pousse pas «au meurtre», dit un psychiatre

Luka Rocco Magnotta... (ILLUSTRATION MIKE MCLAUGHLIN, ARCHIVES PC)

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Luka Rocco Magnotta

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Procès Magnotta

Luka Rocco Magnotta, âgé 29 ans, a été l'objet d'une chasse à l'homme sans précédent dans l'histoire du SPVM. Il fait face à cinq chefs d'accusation graves, notamment de meurtre prémédité, relativement à l'assassinat et le démembrement de Jun Lin, un étudiant chinois. »

Louise Leduc
La Presse

Ce ne sera pas une nouvelle affaire Turcotte. Les troubles de la personnalité manifestes de Luka Rocco Magnotta n'auront pas suffi à le faire innocenter, ce qui n'étonne pas le psychiatre Paul-André Lafleur, de l'Institut Philippe-Pinel.

Ce qui a été étonnant, y compris pour les psychiatres, selon lui, c'est au contraire que le cardiologue Guy Turcotte ait réussi à être acquitté sur la foi de son trouble de l'adaptation, en démontrant que ce trouble de la personnalité avait atteint un tel degré qu'il avait perdu totalement la maîtrise de ses actes, indique le Dr Lafleur.

Mais en psychiatrie, ajoute-t-il, le trouble de la personnalité - qui fait en sorte qu'une personne a du mal à fonctionner et qu'elle entre souvent en conflit avec les autres - n'est pas considéré sur le même plan qu'une réelle maladie mentale. «C'est comme un ongle incarné, illustre-t-il. Un trouble anxieux, par exemple, c'est douloureux, mais ça n'amène pas quelqu'un à commettre un meurtre», illustre le Dr Lafleur.

Et non, il ne faut pas penser que la psychiatrie offre sur un plateau d'argent une échappatoire à quantité de meurtriers. «À ma connaissance, une très petite minorité plaide l'aliénation mentale, cette défense est peu utilisée», dit-il.

Une façon inhabituelle

Selon le Dr Lafleur, si Magnotta souffrait vraiment, au surplus, de schizophrénie, celle-ci s'est manifestée de façon très inhabituelle et incongrue.

«Il est rare qu'un schizophrène commette un crime de nature sexuelle, fait-il remarquer. Quand un schizophrène commet un meurtre, c'est parce qu'il a peur, qu'il se sent persécuté. Dans ces cas-là, la personne malade évite d'entrer en contact avec les autres.»

Le psychiatre Gilles Chamberland, qui a été embauché par la Couronne dans le procès Magnotta, a répété hier sur les ondes de Radio-Canada qu'à son avis, Magnotta n'était pas schizophrène. Il a toutefois souligné qu'il ne pouvait pas être formel sur ce point (Magnotta a en effet refusé d'être vu par un psychiatre de la Couronne dans le cadre de son procès).

Par contre, dit-il, Magnotta avait sans l'ombre d'un doute un trouble de la personnalité.

Peut-il être réhabilité? Comment risque-t-il d'agir en prison?

À Radio-Canada, le Dr Chamberland a fait remarquer qu'il n'était probablement pas question de médication ici, que la balle est maintenant dans son camp et qu'il lui revient, à lui seul, «de procéder à une autocritique».

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