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Un militant péquiste et un avocat libéral unis par la défense de la Charte

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

La manifestation nocturne du 23 mai s'est soldée... (Photo: Olivier Pontbriand, archives La Presse)

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La manifestation nocturne du 23 mai s'est soldée par l'arrestation de 506 personnes.

Photo: Olivier Pontbriand, archives La Presse

Vincent Larouche
La Presse

Ils divergent d'opinions politiques, mais se disent unis par leur attachement aux libertés civiles: un président d'association péquiste et un ancien avocat du ministère de l'Éducation ayant milité au PLQ tentent d'organiser un recours collectif, au nom des 500 personnes concernées par la plus importante arrestation de masse du conflit étudiant.

Leur requête pour intenter un recours collectif contre la Ville de Montréal, dont La Presse a obtenu copie, a été déposée à la Cour supérieure vendredi dernier. Un juge devra décider s'il autorise le recours, avant que commence le débat sur les sommes qui seront réclamées en dommages à la Ville.

Rappelons qu'en fin de soirée le 23 mai, 506 personnes ont été encerclées par la police à l'angle des rues Sherbrooke et Saint-Denis, pendant une manifestation contre la hausse des droits de scolarité et la Loi 78.

La marche avait été déclarée illégale dès son départ en vertu du nouveau règlement municipal obligeant la divulgation de l'itinéraire et interdisant le port du masque. Le SPVM disait aussi que des objets avaient été lancés aux policiers. Les manifestants piégés dans la souricière ont reçu un constat d'infraction assorti d'une amende.

Jean-Pierre Lord, président de l'association péquiste pour la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques, était du nombre. Menotté dans un autobus pendant plusieurs heures, il a dû uriner sur le plancher, les mains dans le dos, devant les autres arrêtés. Il juge cela inacceptable.

«Ils n'avaient qu'à prendre notre nom et notre adresse pour nous envoyer notre constat par la poste. Ils avaient possibilité de faire autrement!», croit-il.

L'avocat qui l'aide dans sa demande de recours collectif, Me Marc Chétrit Rieger, est loin d'être habitué à défendre les manifestants. Il a été avocat du ministère de l'Éducation, et avait brièvement agi comme procureur de la Ville de Montréal lors d'un stage de fin d'études.

Il a aussi milité au sein du Parti libéral du Québec, dont il appuie toujours plusieurs positions. Il a même collaboré à une demande d'injonction d'un collègue qui représentait des étudiants anti-grève du Collège de Maisonneuve souhaitant assister à leurs cours.

«On ne pourra pas m'accuser d'être vert ou rouge. Moi, ce qui m'allume, ce sont les droits des gens lorsque j'estime qu'ils sont bafoués», insiste-t-il.

L'avocat s'interroge sur la légalité de l'arrestation massive et la «proportionnalité» des conditions de détention en regard de la faute reprochée. Selon lui, un juge pourrait trouver que des individus ont été victimes d'une atteinte à leur dignité.

Me Chétrit Rieger et M. Lord disent déjà avoir parlé à d'autres personnes arrêtées ce jour-là et qui souhaitent se joindre à la demande de recours collectif. «Ce qui nous unit, au-delà des opinions politiques, c'est la Charte des droits et libertés», affirme M. Lord.

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