Michelle Courchesne se rapproche d'une loi spéciale

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

Michelle Courchesne... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

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Michelle Courchesne

Photo Robert Skinner, archives La Presse

Paul Journet
La Presse

(Québec) Le gouvernement Charest se rapproche d'une loi spéciale pour forcer le retour en classe.

À la suite de la rencontre qu'elle a eue mardi soir avec les leaders étudiants, la nouvelle ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a conclu que ces derniers avaient durci leurs positions.

«La rencontre hier m'a permis de constater [...] que le ton s'est raffermi. Il n'y a pas davantage de place au compromis. De leur côté, j'ai senti un durcissement de leur position. Ça, c'est très clair. Alors je ferai rapport évidemment à mes collègues du conseil des ministres tout à l'heure et le gouvernement jugera des décisions qu'il doit prendre», a-t-elle déclaré ce matin à la sortie du caucus libéral.

Il n'y a pas de compromis possible, a ajouté la ministre en anglais.

Elle a indiqué qu'elle parlerait de nouveau aux médias plus tard aujourd'hui.

Le gouvernement a déjà préparé une loi spéciale, a révélé ce matin La Presse.

Interrogée à ce sujet, Mme Courchesne a répondu qu'elle ne parlait pas de ce genre de scénario pour l'instant. Elle doit d'abord faire rapport au conseil des ministres vers midi.

«Son rapport est très clair», a affirmé en Chambre le premier ministre Charest.

En Chambre, Mme Courchesne a répété que la position des leaders étudiants s'était «considérablement raffermie» depuis la signature de l'entente de principe le 5 mai dernier. Elle n'a pas expliqué en quoi cette position avait changé.

Le rapport de la CLASSE

Ce n'était pas pour négocier que le gouvernement rencontrait les associations étudiantes hier. C'était pour avoir un «état des lieux».

Alors qu'on les accuse d'avoir durci leur position, les leaders étudiants affirment qu'ils n'ont fait que les réitérer.

À la sortie de la rencontre, hier, le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, avait déclaré: «On a fait valoir des positions consensuelles des association étudiantes, entre autres l'idée d'un moratoire, qui a été émise de nouveau. Mme Courchesne a confirmé que tout ça allait être ramené au conseil des ministres. On espère que le conseil des ministres fera preuve d'ouverture, d'ouverture d'esprit.»

Le rapport des discussions de la CLASSE abondait dans le même sens. «Cette rencontre fut extrêmement courte et a servi principalement à mettre de l'avant nos revendications», y lit-on.

Mme Courchesne leur a expliqué que «le temps presse» et qu'il «faut trouver une façon de faire rentrer les étudiants et étudiantes à l'école». Pour cela, il «faut mettre à niveau les discussions», leur a-t-elle expliqué. «Pour elle, les priorités sont le retour en classe, sauver les sessions et sauvegarder le droit à l'éducation, peu importe la couleur du carré», a-t-elle affirmé.

«Courchesne nous dit qu'elle veut qu'on arrive à une solution, que le gouvernement ne peut plus se permettre de faire d'autres propositions qui seront rejetées quasi unanimement par les associations étudiantes. Elle nous répète qu'il n'y aura pas de solution ce soir et que demain elle devra faire un rapport au conseil des ministres. Nous lui rappelons que c'est le gouvernement qui doit trouver une solution. Elle nous dit que demain ce sera difficile de faire passer nos propositions au conseil des ministres et que la population dit au gouvernement de ne pas reculer», lit-on plus loin.

Mme Courchesne  a dit aux leaders étudiants qu'elle a trouvé «cette rencontre utile», selon ce que rapporte la CLASSE. Le rapport n'affirme pas que la ministre se serait plainte aux étudiants du «durcissement» de leur position.

Débat sur le carré rouge

En Chambre, la chef du PQ, Pauline Marois, a reproché au premier ministre Charest de ne pas avoir participé à la rencontre d'hier. Le chef de la CAQ, François Legault, avait aussi fait cette demande hier.

M. Charest a répliqué en accusant Mme Marois de porter le carré rouge. «Elle creuse son trou», a-t-il lancé.

Le premier ministre porte «le carré de la honte», a répliqué Mme Marois.

 

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