Milioto reconnaît qu'il fréquentait un repaire de mafieux

Nicolo Milioto, lors de son témoignage devant la... (Photo La Presse Canadienne)

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Nicolo Milioto, lors de son témoignage devant la commission Charbonneau.

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L'entrepreneur Nicolo Milioto a reconnu qu'il fréquentait le café Consenza, qui a longtemps été le repaire de la mafia montréalaise. Il a également confirmé qu'il provenait du même village que Vito Rizzuto, Cattolica Eraclea, en Sicile.

Nicolo Milioto a commencé son témoignage lundi après-midi. La procureure en chef, Me Sonia Lebel, l'a d'abord questionné sur son parcours professionnel.

Il a relaté qu'il est né en Italie, dans le village de Cattolica Eraclea, en Sicile. Le présumé chef de la mafia montréalaise, Vito Rizzuto, est lui aussi originaire de ce village, tout comme l'entrepreneur Giuseppe Borsellino, de Construction Garnier.

Milioto a raconté qu'il est arrivé au Canada à 18 ans et a travaillé dans diverses manufactures avant de se lancer dans le milieu de la construction. Afin de se retrouver avec des compatriotes, il a fréquenté le club Consenza, où le clan Rizzuto a longtemps brassé des affaires, selon diverses enquêtes policières. L'entrepreneur a d'ailleurs été filmé en 2005 alors qu'il cachait dans ses chaussettes des liasses d'argent qu'il devait remettre à des dirigeants du clan Rizzuto. Il n'a pas été questionné pour l'instant sur ce sujet.

Après avoir perdu son emploi, Milioto a fondé Mivela Construction en 1989 avec deux partenaires, Girolamo Vella et Alfonse Polizzi.

Fait à souligner, Milioto a reconnu que toutes ses propriétés étaient au nom de sa femme. Invité à s'expliquer, il a indiqué qu'il voulait mettre ses possessions à l'abri en cas de faillite, le milieu de la construction étant imprévisible.

Borsellino sur la sellette

Plus tôt en matinée, la Commission a entendu l'entrepreneur Giuseppe Borsellino. Le procureur responsable de l'interrogatoire, Me Simon Tremblay, est revenu sur l'agression qu'a subie Borsellino aux mains de trois inconnus en juillet 2009, à la suite de laquelle il a fallu une intervention de sept heures pour lui reconstruire le visage

Était-ce parce que sa négligence avait mené au départ de l'ex-directeur des travaux publics de Montréal Robert Marcil? Ou parce qu'il a boudé une entreprise liée au crime organisé?

Ce sont deux hypothèses présentées ce matin devant la commission Charbonneau pour expliquer .

«N'est-il pas exact que la raison pour laquelle vous vous êtes fait tabasser, c'est la combinaison de deux éléments? Le fait que c'est l'invitation de M. Marcil en Italie qui a mené à sa démission le 25 juin 2009 et que, d'autre part, au lieu de prendre le site de décontamination de Carboneutre, vous avez pris celui d'Accurso?»

Me Tremblay a souligné que Borsellino avait été assailli peu après la démission de Robert Marcil, qui avait accepté son invitation à un voyage en Italie, à l'automne 2008. Du coup, il a «brûlé» celui qui était pour plusieurs entrepreneurs une «porte d'entrée» à la Ville de Montréal, a exposé le procureur.

L'agression est également survenue alors que la compagnie de Borsellino, Construction Garnier, travaillait à un chantier de l'autoroute 25. Après avoir rencontré le mafieux Reynald Desjardins, qui dirigeait la firme de décontamination Carboneutre, il a plutôt choisi de faire affaire avec une autre entreprise, Écolosol, propriété de Tony Accurso.

«Je ne peux pas vous répondre, je ne suis pas au courant», a tout simplement répondu Borsellino. L'entrepreneur a répété que ses agresseurs ne lui avaient pas adressé la parole et qu'il n'a donc pu savoir ce qu'ils avaient contre lui.

Il a de plus assuré qu'il avait refusé de recourir à Carboneutre simplement parce que l'entreprise ne pouvait pas traiter le type de matériaux contaminés qui se trouvaient sur son chantier. Le procureur a toutefois contredit cette explication en présentant un rapport de la firme Génivar selon lequel l'entreprise était apte à traiter les terres contaminées et se trouvait même plus proche du chantier qu'Écolosol.

Rencontres avec plusieurs élus

Borsellino a par ailleurs reconnu qu'il avait multiplié les rencontres avec des élus, dont l'ex-ministre libéral Jacques Dupuis. Il a toutefois tenté de minimiser l'importance de ces rencontres, affirmant notamment qu'il avait simplement discuté de perte de poids avec l'ex-président du comité exécutif de Montréal, Frank Zampino.

Le procureur de la Commission, Me Simon Tremblay, est revenu sur une conversation interceptée par la police dans laquelle l'entrepreneur affirme que son rival Tony Accurso est à faire «sa routine» auprès de l'ex-ministre Tony Tomassi. L'avocat a demandé au témoin s'il avait lui-même fait une «routine» auprès d'élus.

Borsellino a reconnu qu'il avait rencontré plusieurs élus. Il a notamment indiqué qu'il avait visité au moins une fois Frank Zampino à ses bureaux lorsqu'il dirigeait le comité exécutif de Montréal. L'entrepreneur assure qu'il ne courtisait pas l'élu pour obtenir un contrat, mais qu'il lui a rendu visite simplement «pour se faire connaître». «Il voulait savoir comment j'avais perdu du poids», a laissé tomber Borsellino devant une salle incrédule.

Joe Borsellino a aussi reconnu avoir souvent rencontré Jacques Dupuis, qu'il a décrit comme un ami. Les deux auraient simplement parlé de «financement charitable». Rappelons que l'ex-ministre a versé 15 000$ à la fondation de l'entrepreneur, GarnierKids. L'ex-élu, qui a démissionné en août 2010, a d'ailleurs coprésidé une soirée de financement. Ces soirées de financement, organisées au moins une fois par année, permettaient de récolter 300 000$ qui étaient remis à des hôpitaux.

La Commission a également présenté une liste de dons faits à GarnierKids par une vingtaine de ministres libéraux à même leurs fonds discrétionnaires, pour un total d'au moins 44 000$.

Outre son bon ami Tony Tommassi, Joe Borsellino s'est montré hésitant à révéler le nom des élus qu'il fréquentait. Il a notamment reconnu avoir pris quelques cafés avec le conseiller municipal Sammy Forcillo.

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