Des «escortes» en cadeau, admet Gilles Vézina

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Les entrepreneurs ne se limitaient pas à offrir aux fonctionnaires de la Ville de Montréal des repas, des billets de hockey et des bouteilles de vin : ils leur proposaient aussi les services d'«escortes», a reconnu le témoin Gilles Vézina devant la commission Charbonneau.

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Pressé de questions par la procureure Me Claudine Roy, l'ingénieur montréalais a fini par reconnaître s'être déjà fait offrir les services de prostituées à la fin d'un repas. Il  assure qu'il a refusé, car il était à l'époque nouvellement marié. Il estime également que, s'il était acceptable de recevoir pour des milliers de dollars de bouteilles de vin, de billets de hockey et de repas au restaurant, des prostituées ne conviennent pas.

Cela ne cadre pas dans la «politique établie» des cadeaux que l'on peut recevoir à la Ville de Montréal. «En général, je sais que les escortes existent, mais je n'y suis pas allé», a assuré Vézina, qui estime que ce n'était pas «de mise».

Vézina a dit ignorer si certains de ses collègues ont accepté ce genre de gratification.

Cadeaux en cachette

Lundi, Gilles Vézina a expliqué que les cadeaux étaient une «pratique d'affaires courante» à la Ville de Montréal. Il a pourtant indiqué ce matin qu'il n'aimait pas que ses collègues sachent qu'il en recevait.

Un jour, son collègue Luc Leclerc l'a convoqué dans son bureau pour lui remettre une bouteille de vin offerte par l'entreprise Garnier construction. Gilles Vézina a trouvé que la démarche n'était «pas élégante».

«Une personne devrait donner ses cadeaux elle-même plutôt que par quelqu'un d'autre, a-t-il expliqué.

- Parce que ça fait trop de témoins?, a demandé la procureure.

- Non, c'est ma façon de penser», s'est borné à répondre Vézina.

Gilles Vézina était pourtant habitué de recevoir des bouteilles de vin. Il a d'abord évalué à «une ou deux par année» le nombre qu'il recevait. Talonné par Me Roy, il a fini par admettre que c'était «une ou deux par client», soit de 20 à 25 entrepreneurs.

Au-delà des cadeaux reçus, Me Roy a questionné Gilles Vézina sur certaines de ses décisions. Elle lui a fait admettre que la quantité de pierre prétendument excavée dans un chantier des rues Queen Mary et Côte-des-Neiges était «aberrante». Les quantités déclarées étaient nettement supérieures à ce que pouvait contenir le trou. Malgré ses doutes et les vérifications qu'il a exigées, Gilles Vézina a fini par autoriser le paiement. «J'avais l'impression que tout avait été corrigé», s'est-il justifié.

Me Roy a réussi à soulever plusieurs incohérences dans le témoignage de Gilles Vézina, ce matin. Quand elle lui a demandé pourquoi les entrepreneurs passaient par lui pour discuter du travail de ses collègues ingénieurs, il s'est emporté : «J'étais le patron !» Pourtant, hier, il a refusé de se décrire comme un supérieur. Son rôle, avait-il soutenu, se limitait à celui de conseiller.

Yves Themens devant la commission

Un deuxième cadre de la division de la voirie de Montréal défile cet après-midi devant la commission Charbonneau. Après Gilles Vézina, son collègue Yves Themens est interrogé sur son rôle dans le cartel des égouts.

Yves Themens était au courant du gonflement des contrats, selon deux collègues qui ont eux-mêmes reconnu avoir touché des pots-de-vin durant des années. «[Themens] savait qu'il y avait des augmentations de 30 à 35 %», a dit Gilles Surprenant, le 25 octobre.

Yves Themens est suspendu depuis que l'ex-entrepreneur Lino Zambito dit l'avoir corrompu.

Lors de leurs témoignages, Luc Leclerc et Gilles Surprenant ont dit qu'ils avaient fait des voyages de golf avec M. Themens aux frais d'entrepreneurs.

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