Denis Coderre appelle à l'unité pour combattre l'islamophobie

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Denis Coderre a rencontré plus d'une trentaine de leader religieux dans la foulée des événements de Québec.

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Émilie Bergeron
La Presse Canadienne

Le maire de Montréal, accompagné par quelques dizaines de représentants de la communauté musulmane, a appelé à combattre l'islamophobie en toute unité et avec la même vigueur que l'antisémitisme ou toute autre forme d'intolérance.

En point de presse dans le hall de l'hôtel de ville, lundi après-midi, Denis Coderre a insisté sur le fait que tous les Montréalais forment une seule et même communauté et non plusieurs, n'hésitant pas à qualifier d'attentat terroriste la fusillade ayant fait six morts dans une mosquée de Québec, dimanche.

« On ne tolère pas la communauté musulmane; la communauté musulmane fait partie de notre société. Ce n'est pas le "eux" et "nous" . L'ensemble représente le "nous" », a-t-il lancé alors qu'il revenait justement d'Europe, où il a rencontré son homologue de Nice, en France, ville frappée par un attentat en pleines célébrations du 14 juillet.

« Le message qu'on doit envoyer haut et fort aujourd'hui, c'est que, que vous soyez musulmans - peu importe l'origine, la race, la nation, la communauté -, le terrorisme frappe tout le monde », a-t-il ajouté.

Il a par ailleurs plaidé pour l'importance de créer des ponts plutôt que des murs - dans une apparente allusion au président américain Donald Trump -, qui reviennent selon lui à jeter de l'huile sur le feu.

Tant Montréal que le Québec et le Canada constituent « une terre d'accueil où on accepte la différence », a souligné le maire.

La présidente du Congrès maghrébin du Québec, Mariama Zhouri, a dit ne pas avoir de mots pour traduire comment le « tissu social » et « le vivre ensemble » auxquels collaborent tous les acteurs de la société québécoise ont été « bafoués ».

Entrée en fonction depuis à peine une semaine, elle a dirigé ses pensées à l'égard des victimes. « Il y a des orphelins aujourd'hui au Québec à cause d'un acte terroriste lâche », a-t-elle laissé tomber, déplorant qu'un « geste aussi fort, brutal et immoral » ait à survenir pour « qu'on puisse dire les vraies affaires ».

« Ma communauté, c'est une communauté mal-aimée depuis longtemps. (...) Il est temps que cette communauté-là se redresse et qu'elle travaille ensemble (...) et avec tout le tissu social, politique, économique et gouvernemental. »

Le président du Conseil des imams du Québec, Hassan Ghia, n'a pu retenir ses sanglots en évoquant chacun des enfants « qui n'a pas pu aller à l'école aujourd'hui parce que son père est mort ».

« Je n'avais pas besoin de cette tragédie pour me sentir aussi fier d'être Québécois (...) Canadien et Montréalais », a-t-il ajouté au sujet des messages de solidarité et d'unité qui ont fusé depuis dimanche soir.

« Si quelqu'un met le feu dans la maison du voisin, ce ne sera pas long que le feu va être de notre côté », a-t-il illustré pour souligner la présence certaine d'une seule et même communauté en laquelle il croit « depuis longtemps ».

Le maire de Montréal a participé au rassemblement lundi soir dans la métropole, à la place publique de l'ancienne gare Jean-Talon, près du métro Parc. M. Coderre s'est empressé de rentrer au Canada dans la foulée de la fusillade survenue dimanche soir, alors qu'il s'apprêtait à rencontrer l'administration de la Ville de Berlin, où un camion a foncé dans un marché de Noël bondé le 19 décembre.

Le SPVM a indiqué que des mesures de sécurité ont été prévues pour ces rassemblements en mémoire des victimes de l'attaque.

La chef de l'opposition à l'hôtel de ville de Montréal, Valérie Plante, a aussi participé à la vigile organisée ce soir, en compagnie de plusieurs élus de Projet Montréal. « Nous ne pouvons rester sans voix face à cette violence qui prend racine dans l'intolérance et la haine, attisée par des discours qui sont trop souvent normalisés. »

- Avec Pierre-André Normandin, La Presse




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