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Haïti: un autre policier québécois fait l'objet d'allégations d'inconduites sexuelles

Un autre policier canadien qui prenait part à... (PHOTO AFP)

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Un autre policier canadien qui prenait part à une mission de l'Organisation des Nations unies en Haïti fait l'objet d'allégations d'inconduites sexuelles, a appris La Presse. Sur la photo, un soldat brésilien participe à une cérémonie à Port-au-Prince.

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(Ottawa) Un autre policier québécois qui prenait part à une mission de l'Organisation des Nations unies (ONU) en Haïti fait l'objet d'allégations d'inconduites sexuelles, une situation qui risque d'avoir un «impact négatif» sur la réputation internationale du Canada, révèlent des notes du ministre de la Sécurité publique obtenues par La Presse.

Ces nouvelles «allégations d'exploitation et d'abus sexuel» remontent à mars 2017. Le policier, qui serait un employé de la Sécurité publique de Saguenay, a été rapatrié au pays peu après avoir été dénoncé par des agents d'une force policière partenaire. Il prenait part à la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

Il s'agit du cinquième cas d'inconduite sexuelle impliquant un policier canadien rapporté en Haïti depuis 2006, soulignent les documents destinés au ministre Ralph Goodale, obtenus en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. La Gendarmerie royale du Canada (GRC), responsable des policiers canadiens déployés à l'étranger, a refusé de confirmer l'identité de l'agent rapatrié, de même que les faits précis qui lui sont reprochés.

«Dans le cadre du Programme de police internationale, la GRC interdit strictement les relations intimes ou sexuelles avec les membres de la population locale, en raison de différences en matière de pouvoir et d'autorité, qu'elles soient réelles ou perçues», a indiqué Tania Vaughan, porte-parole de la GRC, dans un courriel à La Presse.

«Toute allégation et tout signalement de relations intimes ou sexuelles avec les membres de la population locale, qu'il y ait consentement ou non, sont enquêtés», a-t-elle ajouté.

«Selon la prépondérance des probabilités, s'il s'avère qu'un policier canadien ne respecte pas les politiques de la GRC, il/elle est immédiatement rapatrié(e).»

«Déshonneur»

Le cabinet du ministre Goodale s'est lui aussi montré avare de commentaires sur ce nouveau cas, indiquant que «le gouvernement du Canada condamne sans équivoque toute forme d'exploitation et de violence sexuelles».

«L'exploitation et les violences sexuelles de la part des gardiens de la paix déshonorent tous ceux et celles qui font partie de ces missions ainsi que leurs pays respectifs, a fait valoir l'attaché de presse du ministre. En réponse aux incidents passés, la GRC a renforcé son processus d'examen pour aider à éviter que ce genre d'abus ne se reproduise.»

Le Quotidien a rapporté en mars dernier des informations sur un policier de la Sécurité publique de Saguenay (SPS), rapatrié d'urgence d'Haïti le 16 mars 2017 pour avoir trahi les « engagements » qui le liaient à la GRC dans le cadre de la mission de paix de l'ONU. Un capitaine du SPS Steeve Gilbert avait alors affirmé qu'aucun acte criminel n'avait été commis par cet agent.

Joint hier à Saguenay, M. Gilbert a indiqué que le SPS n'avait toujours pas terminé son enquête sur ce policier. Sans fournir de détails sur la cause, il a affirmé que «ce n'est pas un dossier où l'on retrouve du criminel». Il s'agit vraisemblablement du même policier mentionné dans les notes internes obtenues par La Presse, si l'on se fie aux dates des événements et au croisement de plusieurs informations concordantes.

Autres Québécois

Ce n'est pas la première fois que des policiers québécois se retrouvent dans la tourmente en raison d'inconduites sexuelles en Haïti. Deux policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et deux autres de la Sûreté du Québec (SQ) avaient eux aussi été rapatriés au cours des dernières années, ont rapporté Le Devoir et Radio-Canada. Ces agents avaient dans certains cas écopé de quelques jours de suspension, ou encore pris leur retraite avant d'être sanctionnés.

Le cas de mars 2017 relève d'une «relation abusive» et non d'une agression sexuelle, précise un «tableau des allégations» en ligne sur le site de l'ONU. L'enquête sur ce policier canadien a duré 25 jours en Haïti et demeure «ouverte».

Selon les notes destinées au ministre Goodale, cette nouvelle inconduite sera probablement rapportée dans le rapport 2018 du Secrétaire général des Nations unies sur les cas d'exploitation et d'agressions sexuelles.

«[Cette nouvelle inconduite] pourrait avoir un impact négatif sur l'image internationale du Canada et entraîner une couverture médiatique négative.»

Le document interne précise que la GRC a déjà créé des «lignes de presse» pour répondre aux questions des journalistes sur le sujet. Cette réponse préfabriquée, qu'on peut lire dans la demande d'accès à l'information, correspond en tous points au courriel qui a été envoyé à La Presse cette semaine par la GRC.

***

Nombreuses victimes à l'échelle mondiale

Un rapport publié en février dernier par les Nations unies a répertorié 311 victimes possibles d'exploitation et d'atteintes sexuelles, commises par des employés de l'ONU ou des membres du personnel en tenue (soldats ou policiers) à l'échelle mondiale en 2016. Le nombre réel de victimes pourrait être plus élevé, avertit-on.

La MINUSTAH, créée en 2004 par le Conseil de sécurité de l'ONU, a pris fin en octobre dernier. Elle a été remplacée par une autre mission de paix en Haïti, la Mission des Nations unies pour l'appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH), composée de 295 policiers de 7 corps différents.

- Avec la collaboration de William Leclerc




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