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Mort d'un ado: d'éventuelles poursuites contre des intimidateurs

La mort tragique de Simon Dufour est scrutée à la loupe par le Service de... (Photo Martin Chamberland, Archives La Presse)

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Photo Martin Chamberland, Archives La Presse

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La Presse Canadienne

La mort tragique de Simon Dufour est scrutée à la loupe par le Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL).

Cet adolescent de 15 ans a péri après avoir été percuté par un train à Saint-Bruno-de-Montarville, en Montérégie, jeudi dernier.

Dans la foulée de sa mort, le SPAL a immédiatement lancé une enquête, ce qui n'a rien d'inhabituel selon l'agente Claudine Després. Cette dernière a, en effet, indiqué qu'il s'agit de la procédure normale «dans un cas de mort violente».

Selon la soeur du défunt, Karine Dufour, son cadet s'est suicidé car il était victime d'intimidation depuis son passage à l'école primaire.

Mme Després a souligné que les individus, qui auraient pris pour cible l'adolescent, pourraient éventuellement être traduits en justice.

Avant qu'une telle étape ne puisse être franchie, les enquêteurs du Service de police de l'agglomération de Longueuil vont, toutefois, devoir s'efforcer de trouver des réponses à certaines questions demeurant en suspens.

Claudine Després a cité certaines de ces interrogations. «Est-ce qu'il y a eu des menaces? Est-ce qu'il y a eu du harcèlement? Est-ce qu'il y a eu de l'intimidation?», a-t-elle énuméré dans le cadre d'une entrevue réalisée dimanche avec La Presse canadienne.

Puis, Mme Després a fourni une précision supplémentaire susceptible de donner des sueurs froides à bien des jeunes qui, avec leurs railleries, empoisonnent l'existence de certains de leurs pairs. «Ce n'est pas nécessaire que ce soit de la violence physique pour pouvoir porter des accusations criminelles», a-t-elle mentionné.

«Parlez et dénoncez», supplie sa soeur

La soeur de l'adolescent lance un cri du coeur aux intimidateurs et à leurs victimes.

«Il faut que ça cesse», résume Karine Dufour qui souhaite éviter que d'autres jeunes victimes d'intimidation ne commettent l'irréparable.

Sur le réseau social Facebook, elle affirme que son jeune frère Simon s'est enlevé la vie parce qu'il se faisait intimider.

«Simon était victime d'intimidation depuis le primaire», a-t-elle raconté en entrevue avec La Presse canadienne.

«T'es roux. T'as des grosses lunettes»

L'adolescent se faisait constamment crier des commentaires que plusieurs banalisaient, selon sa soeur.

Les écoles étaient bien au fait du problème, assure-t-elle. Ses parents en ont discuté avec les responsables à de multiples reprises. Mais ça n'a pas suffi.

Karine Dufour implore les intimidateurs de mettre un terme à leur comportement. «C'est inacceptable, soupire-t-elle. Ça a des conséquences: il y a des dépressions, des problèmes d'estime de soi.»

La jeune femme de 26 ans demande à ceux qui sont témoins d'intimidation d'aller parler à un surveillant, à un enseignant, à un directeur et même à leurs parents s'ils ne sentent pas qu'ils sont pris au sérieux.

Mme Dufour martèle ces souhaits dans un message publié sur Facebook qui a été partagé plus de 23 000 fois. Elle a l'impression que le problème est répandu bien au-delà de l'école de Simon.

Plusieurs parents lui ont confié, notamment dans des messages privés, que leur enfant est intimidé à l'école, qu'ils ne cessent de communiquer avec la direction et les enseignants, que les écoles ne sont pas outillées pour faire face au problème et qu'ils se font répondre que ce sont des enfants et que c'est normal.

«Quand j'ai lu ces messages, j'ai ressenti une peine incroyable, témoigne-t-elle. Il ne faut pas que ces jeunes-là deviennent des Simon eux aussi. Il faut que les écoles s'équipent, que des ressources soient déployées et accessibles.»

Plus du tiers des élèves québécois du secondaire ont avoué avoir été victimes de violence, selon une étude de l'Institut de la statistique du Québec publiée en 2013.

Les jeunes qui ont des pensées suicidaires peuvent contacter Tel-Jeunes par téléphone au 1 800 263-2266 ou par texto au 514 600-1002.

De la consternation au sein de la classe politique

Le triste sort de Simon Dufour a ébranlé autant le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx que le porte-parole caquiste en matière de jeunesse, Jean-François Roberge.

En marge du congrès des libéraux provinciaux tenu à Québec, M. Proulx a déclaré, dimanche, que la mort de l'adolescent «lui a glacé le sang».

Il a également soutenu, d'un ton empathique, qu'il pouvait imaginer «toute la souffrance de ce jeune (...), de sa famille, des gens qui demeuraient autour de lui».

De son côté, M. Roberge a dit, à peu près au même moment, qu'en tant que père de famille, ce drame humain l'atteignait «droit au coeur».

Devant les journalistes présents à Sherbrooke pour assister au conseil général de la Coalition avenir Québec, il a également fait écho à une proposition formulée par Mme Dufour qui a laissé entendre, dans un long message publié en ligne, que les jeunes ciblés par des moqueries auraient grandement besoin de pouvoir s'épancher auprès de personnes se trouvant en position d'autorité.

«Ce que je souhaite c'est que chaque direction d'école (et) chaque enseignant ouvrent la porte à ces jeunes-là», a affirmé l'élu caquiste.

Il a enchaîné en faisant valoir qu'ils ont besoin d'être écoutés et que leur détresse ne doit «jamais, jamais (être) banalisée».

- Avec Michel Saba, La Presse canadienne




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