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Des travailleurs étrangers menacés d'expulsion manifestent

« Je veux juste la justice pour ce que... (Photo Robert Skinner, Archives La Presse)

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« Je veux juste la justice pour ce que M. Cordon nous a enlevé », a dit hier Erick Lopez (à gauche). Sur la photo, il est en compagnie de Henry Aguirre.

Photo Robert Skinner, Archives La Presse

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Des travailleurs étrangers menacés d'expulsion demandent à pouvoir rester au Canada pour mener une bataille judiciaire contre une agence de placement qui les aurait floués.

La grand-messe célébrée hier à l'oratoire Saint-Joseph pour les travailleurs agricoles mexicains et guatémaltèques a pris une tournure revendicatrice, hier alors qu'un groupe a manifesté à l'extérieur pour dénoncer une agence de placement de personnel qu'il accuse de flouer la main-d'oeuvre étrangère.

« Je veux juste la justice pour ce que M. Cordon nous a enlevé », a martelé Erick Lopez, le visage durci, devant les fidèles qui affluaient pour le service religieux.

Le Guatémaltèque de 31 ans et une quinzaine de ses compatriotes avaient été arrêtés en octobre dernier pour s'être placés en situation d'illégalité au Canada.

La Presse avait révélé à l'époque comment les travailleurs agricoles étrangers, dont le mandat achevait au Canada, avaient quitté leur employeur et étaient entrés dans la clandestinité.

Les travailleurs avaient raconté comment la firme de placement Les Progrès inc., de Victoriaville, les avait incités à déserter. Son patron, Esvin Cordon, leur aurait promis un permis de travail en échange de 4500 $ qui seraient prélevés sur leurs chèques de paye.

Les travailleurs n'ont fait que perdre de l'argent sans obtenir de permis. Comme ils ont quitté leur emploi légitime pour entrer dans la clandestinité, ils ont été déclarés interdits de territoire au Canada et devraient normalement quitter le pays.

Enquête criminelle

Le commissaire de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié qui avait étudié leur cas avait dit souhaiter que l'homme qui les avait placés dans cette situation soit puni et qu'on leur rende leur argent.

«  Je sais que vous êtes de bonne foi. On vous a trompés. Vous êtes davantage des victimes que des coupables, c'est mon opinion.  », a dit le commissaire Louis Dubé.

L'Agence des services frontaliers du Canada a ouvert une enquête criminelle sur la firme de placement. Les travailleurs ont aussi porté plainte pour fraude à la Sûreté du Québec.

Mais à ce jour, Esvin Cordon n'a été accusé de rien.

La Presse n'a pu joindre ni M. Cordon ni son avocate hier. L'homme a déjà expliqué à Radio-Canada que, selon lui, les travailleurs étaient tous bien d'accord pour qu'il leur trouve des emplois et prélève des sommes sur leur paye afin de rembourser certaines avances et payer les démarches qui devaient éventuellement régulariser leur statut au Canada. Selon lui, le processus pour obtenir des permis de travail était sur le point d'aboutir lorsque les autorités sont intervenues.

Les travailleurs impliqués demandent à pouvoir rester au Canada afin de mener la bataille pour obtenir justice relativement à leur mésaventure. S'ils sont expulsés avant que leurs plaintes ne mènent à des conséquences, cela enverrait le message aux employeurs qu'il est possible d'abuser des travailleurs étrangers, craignent les organismes qui les appuient.

« Ils ont été traités en criminels, alors que les criminels qui les ont arnaqués ne sont pas inquiétés. », déplore l'avocate des travailleurs, Me Susan Ramirez.

« Si le gouvernement du Canada a un peu de compassion pour nous, qu'il nous donne des papiers », a demandé Henry Aguirre, 27 ans, l'un des demandeurs.

Le groupe a présenté une demande d'évaluation des risques avant renvoi qui est actuellement étudiée par le gouvernement fédéral. Les travailleurs craignent pour leur sécurité s'ils sont renvoyés au Guatemala, puisqu'ils ont porté plainte contre une firme de placement qui serait active aussi dans leur pays et dont le dirigeant est guatémaltèque comme eux.

Si le risque est jugé réel, ils pourraient éviter l'expulsion.




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