Des détenus réclament un nettoyage des dents

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Christian Deschênes

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Daniel Renaud
La Presse

Des détenus du pénitencier de Drummondville, avec à leur tête Christian Deschênes, ancien homme de confiance du défunt parrain de la mafia Vito Rizzuto traînant un lourd passé criminel, demandent de pouvoir bénéficier d'un nettoyage des dents, à leurs frais, entre les murs de la prison.

« Les assistés sociaux du Québec y ont droit. Cela fait partie du processus de réhabilitation et de responsabilisation. À moyen terme, le contribuable y gagnerait. Il évitera tous les frais inhérents aux problèmes causés par un laxisme de l'hygiène dentaire puisque la plupart des détenus libérés sont souvent démunis et ont accès aux programmes de santé dispensés par l'État », écrit Deschênes dans une lettre de quatre pages envoyée à La Presse.

Deschênes purge actuellement des peines cumulées de 45 ans de pénitencier pour plusieurs crimes commis depuis les années 80, dont des importations de drogue effectuées pour le compte du clan Rizzuto. Très proche de l'ancien chef de clan de la mafia Paolo Gervasi, assassiné en janvier 2004, Christian Deschênes était le responsable des hommes qui devaient récupérer et transporter les 4000 kg de cocaïne livrés par le pilote mercenaire Raymond Boulanger, au bout de la piste de Casey, en Haute-Mauricie, le 18 novembre 1992.

Mais le pilote, qui a été pris en chasse par des avions des autorités américaines et canadiennes, a dû faire un détour qui a allongé son vol de quelques heures. Croyant la livraison annulée, Deschênes et ses acolytes sont partis avant que le Convair 580 ne se pose. Boulanger, Deschênes et leurs complices ont été arrêtés dans les heures qui ont suivi.

Dans sa missive, Deschênes affirme que toutes les infrastructures sont en place au pénitencier de Drummondville pour que le dentiste puisse effectuer les interventions nécessaires. Il déplore le fait que les détenus n'aient plus droit à un nettoyage périodique comme c'était le cas auparavant. Il écrit avoir adressé une requête officielle au directeur de l'établissement et ne pas avoir eu de réponse dans le délai de 15 jours prévu dans les règlements.

« Le processus des plaintes et griefs est si déficient, tant sur les délais que sur le fond, qu'il devient une source de frustration et de ressentiment plus profond encore », ajoute le détenu, qui met en doute la bonne gestion du budget du Service correctionnel du Canada, qui atteint 3,3 milliards annuellement, souligne-t-il.

Des soins en fonction des besoins

Dans un courriel envoyé à La Presse, le porte-parole du Service correctionnel du Canada, Jean-Yves Roy, réplique que les services dentaires offerts aux détenus sont déterminés en fonction des besoins et de la gravité de la situation, que les services de prévention (nettoyage des dents) peuvent être autorisés à la suite d'une évaluation et d'un diagnostic de maladie bucco-dentaire - mais seulement s'ils sont essentiels à la prise en charge de l'affection - et, enfin, que les services de santé en établissement fournissent aux détenus des soins de santé essentiels conformes aux normes professionnelles reconnues.

Il affirme également que Christian Deschênes a été rencontré par un gestionnaire pour sa demande et a ensuite reçu une réponse écrite du directeur de son pénitencier.

- Avec la collaboration d'Audrey Ruel-Manseau, La Presse

Qui est Christian Deschênes ?

  • 59 ans
  • Ancien joueur de hockey et de football de l'UQTR durant les années 70.
  • Impliqué dans une affaire d'importation de 24 tonnes de haschisch en 1986, il est arrêté à la suite d'une crevaison. Condamné à 10 ans de pénitencier en 1988.
  • Il est condamné à 23 ans d'emprisonnement en 1993 pour l'importation ratée de Casey.
  • Mis en liberté sous condition en 2000, il est impliqué dans le vol spectaculaire d'un camion blindé au Marché Central et dans un complot pour enlever le lieutenant de la mafia Francesco Arcadi en 2001. Il est condamné à 12 ans d'emprisonnement supplémentaires.
  • Il essuie un refus de la Commission des libérations conditionnelles en janvier 2015.
  • Il sera libéré d'office dans sept ans.

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