Les pompiers de Rosemère perdent une première manche

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La ville de Rosemère a licencié ses 38 pompiers et fermé la caserne.

Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse

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Les pompiers de Rosemère viennent de perdre une première manche dans leur bras de fer avec la municipalité qui a décidé d'abolir leur service au début du mois. Même s'il estime que la question est sérieuse et doit être tranchée rapidement sur le fond, le tribunal administratif du Québec a refusé d'accorder aux syndiqués une ordonnance provisoire pour suspendre leur congédiement.

Une semaine après l'annonce de la fermeture du service incendie de Rosemère, le syndicat des pompiers a déposé une plainte officielle le 14 mars dernier, réclamant une ordonnance provisoire et permanente. Celui-ci estime que l'abolition du corps de pompiers « ne constitue pas une fermeture de service, mais plutôt un transfert ». Il y voit une « manoeuvre d'évasion syndicale, parce que prise dans le but évident de se débarrasser du syndicat et de la convention collective ».

Rosemère se défend en assurant qu'il s'agit bien d'une fermeture et qu'elle est en droit de procéder, bien que des négociations étaient en cours pour renouveler la convention collective de ses employés. La Ville indique que son objectif est uniquement d'économiser 30 millions sur 20 ans tout en offrant un meilleur service à ses citoyens.

Le juge administratif André Michaud reconnaît que la question soulevée par les pompiers « est sérieuse et mérite certainement d'être approfondie ». « En effet, même si, selon un examen sommaire, la décision de Rosemère peut sembler rationnelle, le contexte dans lequel elle a été prise et sa soudaineté entraînent des interrogations quant à l'ensemble des raisons qui ont été considérées. Celles-ci sont-elles teintées d'un motif antisyndical? Une audience sur le fond de la plainte permettra de répondre à cette question », écrit-il dans son jugement daté du 18 mars.

Malgré tout, il refuse une ordonnance provisoire, une mesure d'exception, estimant que les syndiqués n'ont pas prouvé qu'ils risquent de subir un dommage irréparable. « Tous les dommages que pourraient subir le Syndicat et les pompiers, si la décision de Rosemère est annulée, seront compensables financièrement et par la réintégration au travail des salariés, après utilisation des recours appropriés », poursuit André Michaud.

Il a ainsi rejeté la demande d'ordonnance provisoire. Dans sa décision, le juge administratif souligne toutefois que « les parties ont intérêt à ce que la plainte, et les autres recours possibles, soient rapidement entendus et décidés sur le fond ».

Le syndicat ne voit pas dans ce jugement une défaite. «J'ai confiance qu'un prochain juge va rendre justice aux travailleurs. La partie n'est pas gagnée pour la Ville», dit Stéphane Robert. Le représentant syndical juge lui aussi que la cause doit être entendue rapidement. «C'est urgent, il faut que les citoyens retrouvent leur service.»

Le 7 mars, Rosemère s'est entendue avec la ville voisine de Blainville pour assurer la couverture incendie sur son territoire. En fermant son service, Rosemère a mis à pied ses 38 pompiers. Depuis, ceux-ci ont fait circuler une pétition signée par plus de 4000 personnes pour demander le rétablissement du service incendie de Rosemère.

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