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Les organismes de défense de locataires manifestent devant les bureaux de Moreau

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Des augmentations au-delà des taux proposés par la Régie peuvent être justifiées, notamment lorsque des travaux ont été réalisés à l'immeuble, mais le RCLALQ soutient que sa compilation démontre que ces augmentations sont imposées aux ménages habitant des logements où aucune réparation majeure n'a été faite.

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Le ministre des Affaires municipales et responsable de l'habitation, Pierre Moreau, a reçu mercredi à son bureau de Québec ainsi qu'à son bureau de circonscription de Châteauguay, en Montérégie, la visite de manifestants qui réclament un contrôle obligatoire des loyers.

Les manifestants ont livré, en geste symbolique, ce qu'ils appellent des «sandwichs aux hausses de loyer abusives», soit littéralement des tranches de pain entre lesquelles ils ont placé des avis d'augmentations de loyer qu'ils estiment injustifiées.

«Les ménages locataires sont tellement étranglés par les hausses de loyer année après année en l'absence d'un contrôle obligatoire des loyers que, ce qui nous reste à manger dans nos sandwichs, ce sont les avis de hausse que l'on reçoit ces jours-ci de nos propriétaires», a déclaré la porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), Isabelle Monast-Landriault.

Elle a souligné, en entrevue avec La Presse Canadienne, que les données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement font état de hausses de loyer de 47 % depuis 2000, soit entre 3 % et 4 % annuellement, ce qui représente plus du double de l'augmentation du coût de la vie et de ce que suggère annuellement la Régie du logement.

En 2015, la Régie suggérait des hausses de 0,6 % pour les logements non chauffés et de 1 % à 1,8 % pour les logements chauffés, selon le type de chauffage.

Selon la porte-parole, «94 % des locataires qui viennent nous voir ont reçu un avis qui ne respectait pas les calculs proposés par la Régie du logement».

Les avis d'augmentation compilés par l'organisme pour cette année se situent en moyenne à 3,4 % et le RCLALQ reproche au ministre Moreau d'endosser l'abus des propriétaires en refusant de rendre obligatoires les mesures de contrôle des loyers.

«M. Moreau, depuis le début de son mandat en 2014, n'a pas daigné nous rencontrer à ce sujet», a indiqué Mme Monast-Landriault, qui précise avoir tout de même rencontré des membres de son personnel.

«La dernière fois que nous avons rencontré l'attaché de M. Moreau, il y a un peu plus d'un an, il s'est montré poliment ouvert à l'ensemble de nos dossiers, mais il n'a pas du tout montré d'intérêt particulier à faire avancer ce dossier-là (du contrôle obligatoire des loyers)», a-t-elle ajouté.

Des augmentations au-delà des taux proposés par la Régie peuvent être justifiées, notamment lorsque des travaux ont été réalisés à l'immeuble, mais le RCLALQ soutient que, selon sa compilation, ces augmentations sont imposées aux ménages habitant des logements où aucune réparation majeure n'a été faite.

Les manifestations surviennent à deux jours de la publication des indices d'augmentations suggérées par la Régie du logement, vendredi prochain. Une rencontre était d'ailleurs déjà prévue entre le RCLALQ et des membres du personnel du bureau de M. Moreau vendredi et, mercredi, un attaché du ministre a indiqué que le message livré par les manifestants serait remis à M. Moreau.

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