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État des routes: des entreprises se disent boudées par Québec

La conclusion: c'est surtout le manque d'entretien du réseau... (PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE)

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La conclusion: c'est surtout le manque d'entretien du réseau routier qui est responsable des nids-de-poule au Québec.

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

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Des entreprises québécoises prétendent avoir des solutions pour remédier au piètre état des routes dans la province. Le hic : les appels d'offres du gouvernement leur sont rarement ouverts. Explications.

« Notre technique ne coûte pas assez cher, il faut croire. Aujourd'hui, on prend de grandes firmes de génie-conseil pour faire nos routes. Et tu ne peux pas justifier des honoraires professionnels pour des firmes de génie de 100 000 $ quand le contrat vaut 80 000 $... »

Luc Delangis, président des Entreprises Bourget, ne mâche pas ses mots. Son entreprise a mis au point une technique de traitement de surface qui, selon lui, permet de prolonger la durée de vie des routes à peu de frais. L'idée : déposer une couche supplémentaire sur la chaussée qui protège les enrobés bitumineux (communément appelés asphalte) qui se trouvent dessous.

« C'est utilisé au Nouveau-Brunswick, en Ontario, aux États-Unis. Mais au Québec, c'est zéro appel d'offres. La technique n'est même pas considérée », dénonce-t-il.

La Presse a publié récemment un dossier visant à comprendre pourquoi les routes québécoises sont criblées de nids-de-poule. La conclusion: c'est surtout le manque d'entretien du réseau routier qui est responsable.

Dans la foulée du reportage, des entreprises se sont manifestées en affirmant avoir des solutions. L'Association canadienne du ciment, par exemple, affirme que les routes de béton sont plus durables et nécessitent moins d'entretien. Mais encore là, on déplore ne pas avoir l'oreille du ministère des Transports du Québec (MTQ).

«Au Québec, on ne veut pas s'ouvrir à ça. Très honnêtement, je pense qu'on veut garder le monopole de l'asphalte.»

Guillaume Lemieux
directeur, marchés et affaires techniques, à l'Association canadienne du ciment

Le MTQ confirme qu'il n'y a actuellement aucun appel d'offres pour le traitement de surface ni pour les routes de béton. Et aucun n'est prévu dans un horizon rapproché.

En fonction du trafic

Le Québec compte actuellement 900 km de routes de béton, soit 3 % du réseau géré par le MTQ. Des sections des autoroutes 10, 15, 20 et 40, notamment, sont en béton.

« Pour l'instant, c'est ciblé sur les routes qui sont très sollicitées par les véhicules lourds, principalement dans la région de Montréal », dit Martin Girard, porte-parole du MTQ.

Pour le traitement de surface, c'est le contraire. Le MTQ estime que la technique n'est valable que lorsque le trafic est faible (moins de 1000 véhicules par jour) et léger (moins de 10 % de véhicules lourds). « Au Québec, cela représente moins de 6800 kilomètres de routes », dit Martin Girard.

Tant les entreprises de béton que celles de traitement de surface estiment que ces critères sont trop stricts. L'Association canadienne du ciment aimerait, par exemple, qu'on lui donne la chance de soumissionner lors des appels d'offres réservés aux entreprises d'enrobés bitumineux.

« On ne dit pas qu'il faut mettre du béton partout. Mais laissez-nous soumissionner ! Quand le béton entre en compétition avec l'asphalte, les prix des deux techniques baissent à cause de la concurrence », affirme Guillaume Lemieux.

Le MTQ répond que l'ouverture des appels d'offres aux deux techniques exigerait deux conceptions et entraînerait des « coûts inutiles ».

Alan Carter, directeur du Laboratoire sur les chaussées et matériaux bitumineux à l'École de technologie supérieure (ETS), croit qu'il ne serait pas si compliqué d'ouvrir les appels d'offres au béton. Il estime que les chaussées en béton sont effectivement plus durables que celles en enrobés bitumineux, et suggère d'établir des contrats qui incluent des plans d'entretien, ce qui permettrait de comparer les coûts totaux de chaque technique.

«Sur les autoroutes, le béton est une bonne idée. Mais peut-être moins en ville parce que les réparations sont plus compliquées.»

Alan Carter
directeur du Laboratoire sur les chaussées et matériaux bitumineux à l'École de technologie supérieure

Le traitement de surface ? « C'est la méthode d'entretien des chaussées la plus économique », tranche-t-il. Il admet que la solution résiste mal au trafic lourd et que les déneigeuses lui font la vie dure.

« Mais je crois que le MTQ sous-évalue la performance de ces matériaux, dit-il. Ils sont amplement utilisés en Europe, aux États-Unis, en Australie et ailleurs. Selon moi, s'il est bien formulé, le matériau peut tenir quelques années et bien protéger la chaussée. »

Avantages et inconvénients

Le béton

Produit des routes rigides qui nécessitent habituellement moins d'entretien.

Prix initial de construction similaire aux enrobés bitumineux.

En cas de bris ou de travaux sous la route, les réparations peuvent être plus complexes et plus coûteuses.

Les routes en béton peuvent être plus bruyantes et plus glissantes, mais il existe des techniques pour y remédier.

Recommandé pour les routes à fort trafic.

Le traitement de surface

Peu cher.

Rapide à appliquer, ce qui perturbe moins le trafic.

Permet de prolonger la durée de vie des chaussées en prévenant les infiltrations d'eau.

Résiste mal au trafic élevé.

Peut être endommagé par les déneigeuses.

Recommandé pour les routes à trafic faible ou moyen.

Source : Alan Carter, ETS

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