Halte aux projets routiers

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La Santé publique a dans sa ligne de... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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La Santé publique a dans sa ligne de mire le projet d'aménagement de la rue Notre-Dame (photo).

Photo André Pichette, archives La Presse

Bruno Bisson
La Presse

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et la Direction de santé publique (DSP) de Montréal recommandent «un arrêt définitif» de tout projet routier qui augmente la circulation automobile en milieu urbain, afin de réduire le bilan des émissions de gaz à effet de serre (GES), au Québec.

Dans un mémoire commun présenté mercredi lors d'une commission parlementaire à Québec, les autorités de la Santé ont également recommandé au gouvernement d'adopter une «cible ambitieuse» de 20% de réduction des GES, d'ici 2020, en visant principalement le domaine des transports.

 

«Dans la région de Montréal, déplorent les responsables de la Santé, le transport est responsable à lui seul d'environ 15% des émissions totales de GES du Québec. Malgré cela, de grands projets autoroutiers en cours de construction ou de planification entraîneront une addition significative à un volume de véhicules-kilomètres parcourus (VKP) déjà problématique, parce qu'ils augmentent la capacité routière.»

«Certains projets gouvernementaux, estime le mémoire, vont donc à contresens de ce que le Québec doit accomplir dans sa lutte aux changements climatiques.»

Le mémoire mentionne spécifiquement trois grands projets routiers en cours de construction ou de développement: le prolongement de l'A-25 entre Montréal et Laval, la modernisation de la rue Notre-Dame, dans l'est dans de Montréal, et la reconstruction de l'échangeur Turcot, dans le sud-ouest de la métropole.

«Une politique claire d'arrêt définitif de nouveaux développements en capacité routière en milieu urbain densément peuplé est un préalable à toute action efficace en ce domaine», conclut le mémoire, qui a été présenté par le directeur national de Santé publique, le Dr Alain Poirier, dans le cadre d'une consultation de la Commission des transports et de l'environnement, portant sur la prochaine cible de réduction des GES, dans le plan québécois de lutte contre les changements climatiques.

40% des GES

Au Québec, rappelle le mémoire, on estime que 40% de toutes les émissions de GES, responsables des changements climatiques, proviennent des transports. C'est beaucoup plus que toutes les industries de la province combinées, qui totalisent 33% de ces émissions.

«Le secteur des transports est particulièrement préoccupant, indiquent les auteurs du mémoire, non seulement à cause de l'ampleur de ses émissions actuelles, mais aussi, et surtout, à cause de la tendance lourde que le Québec connaît depuis 1990, en termes de croissance de la motorisation et des VKP.»

Les VKP permettent de mesurer la croissance globale de la circulation automobile dans une région particulière, durant une période donnée, en tenant compte du nombre de véhicules en circulation, et du kilomètre moyen qu'ils parcourent pendant cette période.

Entre 1990 et 2006, le nombre des véhicules en circulation a augmenté de 36% dans la région métropolitaine, une moyenne d'environ 2% par année. Durant la même période, le total des kilomètres parcourus a aussi progressé au rythme régulier de 1,7% par année. Une augmentation de 30% en 16 ans.

Dans le même intervalle, les émissions de GES provenant du transport ont augmenté de 22% au Québec, pour surpasser celles du secteur industriel qui, pendant cette période, a réduit les siennes de 7%.

 

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