Se promener partout au Québec durant l’été sera possible, mais des incertitudes persistent par rapport au reste du pays. Tour d’horizon de la situation.

Marie Tison
Marie Tison La Presse

Le tarif qui vient de s’afficher pour ce vol en direction de l’Ouest canadien est très raisonnable. On a vraiment envie de cliquer sur le bouton « Réservez ». Mais voilà, la situation avec la COVID-19 n’est vraiment pas rose là-bas, des frontières entre les provinces sont fermées. On hésite.

Or, les terrains de camping et les chambres d’hôtel s’envolent rapidement. Si on ne réserve pas tout de suite, ne risque-t-on pas de se retrouver le bec à l’eau lorsque la situation sanitaire s’améliorera ?

« Est-ce que c’est le temps de se lancer sur les rabais et les réservations ? Malheureusement, il n’y a pas de bonne réponse », laisse tomber Nicolas Ryan, directeur des affaires publiques au CAA-Québec.

Les organismes de promotion du tourisme ne sont pas d’une grande aide pour une telle décision. Ils sont coincés entre une industrie touristique dévastée qui cherche à survivre et des règles sanitaires particulièrement sévères.

En Alberta, les revenus touristiques ont baissé de 48 % en 2020 par rapport à l’année précédente. Le taux de chômage des employés de ce secteur est deux fois plus élevé que celui de l’ensemble de l’économie.

Malgré cela, Travel Alberta ne peut se permettre d’inviter les Canadiens des autres provinces à faire une petite visite. « Avec les dernières lignes directrices qui nous encouragent tous à demeurer près de notre domicile, nous encourageons les Albertains et les visiteurs à respecter les restrictions afin de pouvoir bientôt explorer la province en toute sécurité », déclare la responsable des communications de Travel Alberta, Deborah Spence, dans un courriel envoyé à La Presse.

Pour le bien de nos partenaires touristiques dans la province, nous espérons que les mesures sanitaires actuelles et la campagne de vaccination ouvrent la porte à plus de liberté à l’été pour les Albertains et les autres visiteurs.

Deborah Spence, responsable des communications de Travel Alberta

Si les restrictions sont sévères en Alberta, elles le sont encore davantage en Colombie-Britannique, qui a totalement fermé ses frontières et qui interdit même les déplacements entre certaines de ses régions.

En Ontario, on a aussi fermé les frontières avec le Québec et le Manitoba. « La province continue de suivre les avis du médecin hygiéniste en chef de la province, d’autres experts de la santé et des sections locales de la santé publique pour déterminer quand, et si, il est sécuritaire de lever ces mesures, déclare dans un courriel Dakota Brazier, attachée de presse de la ministre responsable du tourisme en Ontario, Lisa MacLeod. Nous continuons à travailler avec notre secteur du tourisme pour voir comment favoriser la réouverture et accueillir les visiteurs lorsque ce sera sécuritaire de le faire. »

Et au Québec ?

Même pour les voyages à l’intérieur du Québec, l’incertitude règne. Pour les résidants des zones rouges, comme Montréal, il n’est pas permis de voyager dans les zones jaunes, comme la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, des destinations touristiques très prisées.

Chez CAA-Québec, on fait preuve d’un « optimisme prudent ». « On peut être relativement confiants, avec la campagne de vaccination qui va très bien au Québec en ce moment et les cas qui semblent diminuer, déclare Nicolas Ryan. On semble avoir évité une troisième vague aussi massive qu’en Ontario ou en Alberta, mais ce n’est pas une partie qui est gagnée. »

Pour les autres provinces, on peut quand même « se donner le droit de rêver ». « On a tous très hâte de partir en voyage, d’embarquer dans un avion, d’embarquer dans nos autos et de partir, les cheveux au vent, dans une décapotable. Mais ce qui est important en ce moment, c’est de rappeler aux gens qu’il y a encore des interdictions. »

Ainsi, les gens qui prévoyaient partir prochainement en road trip vers l’ouest risquent de se heurter à la frontière ontarienne. « Quelqu’un qui se trouve en Ontario et qui n’a pas d’affaire là s’expose à des amendes assez onéreuses », rappelle Nicolas Ryan.

Se tenir au courant

Pour l’instant, la meilleure stratégie, c’est de se tenir au courant des derniers développements dans les différentes provinces. C’est aussi de scruter les politiques d’annulation et de souscrire si nécessaire à une assurance annulation.

C’est là que les conseillers en voyage peuvent devenir très utiles. « Les gens sont devenus plus autonomes pour les réservations de voyage : réserver en ligne, c’est assez simple, note M. Ryan. Maintenant, le rôle du conseiller en voyage prend tout son sens en ayant toute l’information requise. »

La tolérance au risque est évidemment très différente d’une personne à l’autre. Une personne peut être disposée à perdre un petit dépôt, pas une autre. Le moment choisi pour voyager entre aussi en ligne de compte : une virée au mois d’août a plus de chances de se réaliser que le même voyage à la fin de mai.

Les gens ont vraiment hâte de voyager de nouveau. Tellement que seulement 60 % de la clientèle du CAA-Québec qui avait réservé avec Air Canada a demandé un remboursement jusqu’ici. Les autres clients ont encore un crédit voyage en leur possession. « Pour eux, c’est une façon de se rattacher au fait qu’il y a un voyage imminent », affirme Nicolas Ryan.