Laisser la voiture à l’accueil. Charger ses bagages dans un chariot, traverser le petit pont qui enjambe la chute et marcher jusqu’à l’hébergement, au milieu des bois.

Stéphanie Morin Stéphanie Morin
La Presse

Chez Chalets Lanaudière, à Rawdon, la politique est claire : les véhicules sont interdits autour des cabanes et des yourtes. Pas de quoi rechigner, puisque le chariot de transport est presque vide : quelques vêtements, la nourriture et c’est tout. Tout le reste — la literie, la vaisselle, le bois pour le feu de fin de soirée… — est déjà sur place.

C’est là toute la beauté du prêt-à-camper : un minimum de matériel à emporter, un confort assuré et un accès privilégié à la nature.

Depuis les yourtes décorées avec goût et sobriété, on entend d’ailleurs couler la rivière qui mène au petit lac du domaine. Une trame sonore parfaite pour décompresser. Lorsque l’envie de bouger prend le dessus, il suffit de se rendre au grand lac Morgan, pour profiter des canots, des kayaks, des pédalos. Le lac est là, l’eau est transparente, la baignade est tentante (et permise). Sinon, on peut toujours partir explorer les sentiers de randonnée (avec son chien si on le souhaite). Et on n’a rien de plus à débourser que ce qui a déjà été payé.

« Il est aussi possible de louer, avec frais, une planche de surf à pagaie ou une chaloupe pour pêcher. Des permis de pêche à la journée sont vendus à l’accueil », explique Julien Verville, responsable du marketing et des communications à Chalets Lanaudière.

Bref, toutes les activités sont là, à portée de semelles. Et s’il pleut, il reste toujours le confort de la cabane ou de la yourte pour se réfugier devant, peut-être, un jeu de société.

Le prêt-à-camper, c’est l’anti-casse-tête parfait, la formule idéale pour ceux qui n’ont pas envie de s’encombrer de matériel de camping, qui craignent les aléas de la météo, qui ne sont pas prêts à investir dans un véhicule récréatif ou qui désirent simplement vivre une expérience différente de celle qu’offrent les chalets traditionnels.

Une pratique toujours en hausse

Depuis que la SEPAQ a démocratisé le camping avec ses tentes Huttopia, il y a déjà 10 ans, le prêt-à-camper n’en finit plus de gagner en popularité.

Même les campings privés ont pris le virage. Selon Camping Québec (l’Association des terrains de camping du Québec), 45 % des 953 campings de la province disposent cette année d’au moins un abri de prêt-à-camper (par rapport à 41 % en 2018), ce qui veut dire que 44 terrains de camping de plus ont décidé de diversifier leur offre en ajoutant une cabane, une yourte, un tipi… 

« La pratique est en hausse importante et suit la courbe de l’offre, lance Simon Tessier, président-directeur général de Camping Québec. Le prêt-à-camper est vraiment devenu la porte d’entrée de la pratique. Avant, pour s’initier au camping, on achetait une tente et des sacs de couchage au Canadian Tire, on faisait un test… mais l’expérience n’était pas forcément agréable ! En prêt-à-camper, l’expérience est positive pour la grande majorité. »

« Le prêt-à-camper a révolutionné l’industrie et est là pour de bon. En France, on ne parle d’ailleurs plus de terrains de camping, mais d’hôtellerie en plein air. »

Patrick Leblond, propriétaire du Domaine des Cantons, à Saint-Étienne-de-Bolton, a décidé de doter son camping de deux abris de prêt-à-camper il y a trois ans. « Pour voir s’il y avait une demande. » Il a vite compris que oui. Cette année, il ajoutera deux autres cabanes de type Pod et il espère se rendre à 10 abris dans un avenir rapproché. « Les réservations sont bonnes ; ça répond vraiment à un besoin. Les gens aiment pouvoir se déplacer au Québec et dormir en nature sans payer le prix en essence que coûterait un VR. Ils peuvent ainsi profiter de la vie de camping, des feux de camp, des activités… »

Avec l’augmentation du prêt-à-camper sur les terrains de camping, faut-il prévoir une baisse des emplacements pour les véhicules récréatifs ou les tentes ? « Pas pour les VR, estime Simon Tessier. Les ventes de véhicules récréatifs sont en hausse. La demande est là. Par contre, plusieurs propriétaires ont entrepris de transformer les sites avec électricité et eau [généralement utilisés par les campeurs sous tente] en sites trois services pour accueillir plus de VR ou pour y installer une unité de prêt-à-camper. » En clair, ce sont les campeurs sous la toile qui commencent à voir leur espace rétrécir…

Consultez le site de Camping Québec : https://www.campingquebec.com/

Différentes formules

Caravanes

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Des caravanes à louer à la nuitée

C’est encore et toujours la formule la plus populaire, observe-t-on chez Camping Québec. Au total, 213 campings disposent de caravanes ou de tentes-caravanes qui peuvent être louées pour une nuitée. « Pour ceux qui songent à acheter une caravane, c’est un bon moyen de découvrir si on aime ou non ce type d’hébergement avant de s’embarquer dans de gros paiements », dit Simon Tessier. Le prix moyen d’une nuitée ? Autour de 115 $.

Cabines

PHOTO FOURNIE PAR CAMPING-QUÉBEC

Une cabane de type Pod

« La demande pour les cabines est en pleine croissance », lance Simon Tessier. Et il y en a de tous les genres, depuis la Pod minimaliste jusqu’à la bulle juchée dans les arbres. Par conséquent, les prix varient énormément, entre 50 $ et 380 $ la nuitée. Ce qui les caractérise toutes, en revanche : elles ne disposent pas de chambres fermées, sinon il faudrait parler de chalet, ce qui impliquerait pour l’exploitant une certification de résidence de tourisme.

Tentes prospecteur

PHOTO FOURNIE PAR CAMPING QUÉBEC

Une tente prospecteur

La SEPAQ a mis le glamping sur la carte avec ses tentes Huttopia, puis Hekipia. Mais les parcs nationaux et les réserves fauniques du Québec ne sont pas les seuls à offrir des hébergements du genre. Pas moins de 111 campings offrent des nuitées sous des tentes de type prospecteur. Dans tout le réseau, ce ne sont pas moins de 914 logements qui sont offerts aux campeurs. Prix moyen : autour de 108 $ la nuitée.

Tipis et yourtes

PHOTO FOURNIE PAR CAMPING QUÉBEC

Une yourte

Les premiers sont inspirés des traditions autochtones nord-américaines, les secondes, de la culture nomade en Asie centrale. Et tous deux permettent aux campeurs de vivre des nuitées dans des environnements inusités. La yourte reste la plus populaire des deux : on en compte 116 dans tout le réseau de camping québécois, contre 53 tipis. Prix moyen pour une nuitée sous la yourte : environ 120 $.