Pour la deuxième année consécutive, Paris et sa région ont accueilli un nombre de touristes record en 2018, malgré un creux dû aux «gilets jaunes» en décembre, avec pour la première fois davantage d'étrangers que de Français parmi les 35 millions d'arrivées hôtelières.

«C'est une année exceptionnelle pour l'activité touristique à Paris Région. Les chiffres démontrent à nouveau le rayonnement international de notre destination», a affirmé Éric Jeunemaitre, président du Comité régional du tourisme Paris (CRT) Île-de-France, en présentant le bilan annuel de l'organisme lors d'un point presse jeudi.

Les arrivées hôtelières ont ainsi progressé de 3,6 % comparé à 2017, à 35 millions, grâce à un afflux de touristes étrangers: Paris et sa région en ont accueilli 1,4 million de plus (+8,7 %). A contrario la clientèle française a légèrement diminué (-1,1 %) jusqu'à représenter pour la première fois, moins de la moitié du total: 17,5 millions d'arrivées, contre 17,6 millions pour la clientèle internationale.

Les recettes du tourisme ont elles aussi augmenté pour représenter 21,5 milliards d'euros l'an dernier, soit 974 millions de plus qu'en 2017 - précédent record de fréquentation -, et 2,3 milliards d'euros de plus qu'en 2016.

Les touristes de trois nationalités sont revenus en force visiter Paris et sa région: les Italiens (+27,5 %), les Japonais (+18,5 %) et les Espagnols (+16,1 %): après avoir reculé pour des raisons de sécurité, ils «confirment leurs retours depuis 2016».

Les États-Unis continuent de fournir le premier contingent de touristes étrangers avec 2,8 millions de visiteurs l'an dernier, suivis des Britanniques (2,06 millions, +15,7 %) et des Allemands (1,2 million, +15 %) ainsi que des Chinois (1,2 million, +3,9 %).

Tous les indicateurs sont au vert: le taux d'occupation moyen des hôtels progresse de 3,3 points à 76,5 %, dépassant même les niveaux d'avant les attentats de 2015 tout au long de l'année, sauf en décembre «où les effets des mouvements sociaux des "gilets jaunes" ont pesé (-2,5 points)», note le bilan.

Les hôtels de toutes catégories ont davantage fait le plein qu'en 2017, en particulier les 4 et 5 étoiles (+3,8 points), suivis par les hôtels 3 étoiles (+3,5 points). Dans la capitale, ils ont vu leur chiffre d'affaires progresser: +7,8 % pour les hôtels haut de gamme et +14,4 % pour les hôtels économiques.

Ces performances sont là encore supérieures à celles d'avant les attentats de 2015.

Début 2019 plus morose

Après des années de progression continue, les déplacements professionnels s'érodent (-1,2 % par rapport à 2017) mais continuent à générer 46,7 % de la fréquentation totale.

La fréquentation touristique est allée de pair avec une fréquentation des musées et des monuments franciliens «globalement en forte hausse», grâce au succès de grandes expositions, telles que Delacroix 1798-1863 au musée du Louvre ou T-rex à Paris au musée national d'Histoire Naturelle.

Ainsi la plupart des musées et monuments franciliens ont-ils vu croître le nombre de leurs visiteurs: +25,9 % au musée du Louvre ou +31,9 % au musée de la Grande Guerre de Meaux.

En revanche, le début 2019 est plus morose: le revenu par chambre disponible (RevPar), indicateur clé du secteur, a chuté de 9 % dans le parc hôtelier francilien au lendemain de la manifestation des «gilets jaunes» du 12 janvier puis de 10 % à la veille de celle du 25 janvier.

Une tendance corroborée par les prévisions des réservations aériennes dans les aéroports parisiens: un recul de 6 % est anticipé de février à avril 2019 comparé aux mêmes mois de 2018.

Trois nationalités voient leur réservations chuter nettement: les Russes (-29,9 %), les Italiens (-15,7 %) et les Chinois (-14,6 %).

Pour la présidente du conseil régional d'Île-de-France Valérie Pécresse, ce record de fréquentation touristique est dû aux mesures de relance mises en oeuvre après les attentats de 2015.

Cette année, la région mise sur «trois marchés-clés: les Français, l'Espagne et la Chine» - avec un parcours "sans cash" pour ces derniers, victimes de vols. Elle va promouvoir le «"french way of life", l'art de vivre à la française», en mettant l'accent sur «l'accueil, le shopping et la gastronomie», a-t-elle annoncé.

L'offre de transports sera améliorée avec des circuits à thèmes (peintres impressionnistes...) et les commerçants seront aidés à surmonter les conséquences des manifestations.