(Athènes) Le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a fixé au 15 juin le début de la nouvelle saison touristique pour relancer un secteur vital de l’économie, tandis que le ciel grec sera rouvert aux vols internationaux à partir du 1er juillet.

Agence France-Presse

Dans un pays moins touché que ses voisins par le nouveau coronavirus, avec 166 morts, « nous gagnerons la bataille de l’économie comme nous avons gagné celle de la santé », a promis le chef du gouvernement dans une allocution télévisée à la nation.

« La saison touristique commencera le 15 juin quand les hôtels saisonniers pourront rouvrir et les vols directs avec l’étranger reprendront progressivement à partir du 1er juillet », a-t-il dit.

Le ministre du Tourisme Harry Theocharis a ensuite précisé que la liste des liaisons aériennes rétablies progressivement serait annoncée fin mai.

Mais « les premiers pays avec lesquels les liaisons pourront reprendre sont les pays des Balkans peu touchés par l’épidémie et les pays du nord de l’Europe, notamment l’Allemagne, puis ensuite les pays de la région plus large comme Israël et Chypre », a poursuivi le ministre à la télévision.

Le tourisme représente « plus de 20 % du PIB et des centaines de milliers d’emplois », avait-il rappelé plus tôt lors d’une visioconférence organisée par The Economist.

« Notre arme sera le passeport de sécurité, de crédibilité et de santé remporté par notre pays », s’est félicité le premier ministre, soulignant que les touristes seraient soumis à des tests aléatoires de dépistage. La quarantaine imposée jusqu’à présent pendant quatorze jours à tous les visiteurs arrivant en Grèce ne sera plus obligatoire.

Préoccupée par les défaillances chroniques de ses hôpitaux et par le vieillissement de sa population (2e en Europe après l’Italie), Athènes a réagi rapidement face à l’épidémie, prenant des mesures drastiques dès son premier décès dû au nouveau coronavirus.

Toutefois, l’économie risque de replonger « dans une profonde récession » évaluée à 13 % mercredi par le ministre des Finances, Christos Staikouras, à peine deux ans après sa sortie d’une décennie de crise.

« Nous sommes en territoire inconnu, mais en tant que nation, nous avons prouvé que nous n’avons pas peur des difficultés », a déclaré Kyriakos Mitsotakis.

Il a annoncé une baisse de la TVA notamment sur les billets dans tous les transports (de 24 à 13 %) et une réduction de 40 % cet été des loyers des hôteliers et des restaurateurs.

Selon le premier ministre, « le danger est plus grand pour la Grèce », que pour ses partenaires européens.

« Non seulement parce que la crise touche des secteurs cruciaux comme le tourisme et la restauration [...], mais aussi parce que la pandémie est survenue alors que le pays se relève et se trouve sur une trajectoire de croissance » après la crise de la dette, a-t-il expliqué.

Selon la Banque de Grèce, le pays a accueilli en 2019 plus de 34 millions de visiteurs et le secteur a rapporté plus de 18 milliards d’euros.