(Strasbourg) Le climat mène la vie dure aux stations de ski des Vosges : l’intégralité du domaine skiable du massif était fermé en début de semaine, et si quelques pistes ont pu rouvrir mercredi et jeudi, les températures trop douces sont un casse-tête pour les professionnels du secteur.

Agence France-Presse

Le grand Est n’a connu que deux brefs épisodes neigeux cet hiver, un mi-novembre et un autre mi-décembre. Depuis, les Vosges n’ont reçu que de petites chutes de neige épisodiques et la plupart des domaines skiables de la région sont fermés depuis des semaines.

« Depuis 1988, seulement huit hivers ont été aussi peu enneigés à ce stade de l’année », a précisé à l’AFP Bruno Vermot-Desroches, directeur du centre Météo-France à Besançon. Celui-ci se base sur des relevés effectués à la station du Markstein, qui culmine à 1265 mètres.

« En moyenne, au niveau d’une station comme le Markstein, la durée d’enneigement se situe entre 80 et 90 jours par hiver. Mais pour le moment elle n’a même pas été de 10 jours… », souligne-t-il.

Les températures, particulièrement clémentes pour la saison, sont largement responsables de ces mauvaises conditions d’enneigement, et les rares pistes encore praticables la semaine passée ont dû être fermées après les pluies tombées le week-end passé.

« Cette année, la douceur des températures est particulièrement remarquable », a également souligné Jérôme Lartisant, adjoint au service prévision de Météo-France Nord-Est. « Le vent doux fait fondre la neige et s’il y a des précipitations, c’est sous forme de pluie, ou alors de neige, mais qui ne tient pas », poursuit-il.

Et les températures pas assez froides ne permettent pas non plus l’utilisation des canons à neige.

« La météo est défavorable », résume à l’AFP Nicolas Claudel, directeur de la station de La Bresse-Hohneck. « La dernière fois qu’on a eu un hiver si difficile, c’était au cours de la saison 2006-2007 », se souvient-il.

La petite couche tombée mardi soir a toutefois permis à quelques stations de rouvrir des pistes mercredi et jeudi, mais les difficultés risquent de se prolonger.

« Dans les prochains jours, nous n’attendons pas de chutes de neige significatives et le temps sera plutôt doux », anticipe ainsi Jérôme Lartisant.

« La variabilité du niveau d’enneigement est naturelle, mais c’est la fréquence de ces hivers peu enneigés qui risque d’augmenter si les températures restent aussi douces », conclut Bruno Vermot-Desroches.