(Saint-Paul-de-Vence) La commune de Saint-Paul-de-Vence, dans le sud de la France, réputée pour être le fief de nombreux artistes, s’est drapée de noir mercredi pour dénoncer son absence au classement en Zone touristique internationale (ZTI).

Agence France-Presse

« Saint-Paul-de-Vence, connue dans le monde entier, mais ignorée par notre gouvernement : la ZTI c’est maintenant » : tel était le message inscrit sur un immense drap noir déployé sur les remparts de la ville de l’arrière-pays niçois, où résidèrent au début du siècle dernier des artistes comme Marc Chagall, Joan Miro ou Jacques Prévert.

Le même message était repris et affiché sur les vitrines, tendues de noir, d’une majorité de la centaine d’enseignes de la vieille ville, que ce soit des galeries d’art, des boutiques de souvenirs ou de prêt-à-porter.

« Les commerçants ont beaucoup souffert de la crise de la COVID-19 et de l’absence de touristes étrangers qui représentent plus de 65 % de notre clientèle et de notre chiffre d’affaires », a expliqué Aurélie Massena, présidente de l’Association des commerçants et artistes de la commune. « Le classement en ZTI permettrait à l’ensemble des commerces de bénéficier du plan de soutien au secteur touristique et de préserver l’activité économique, culturelle et artistique » de la commune, a-t-elle ajouté.

Créées par la loi Macron d’août 2015, les ZTI sont des zones où les magasins peuvent ouvrir le dimanche et en soirée jusqu’à minuit.

Ces ZTI sont officiellement définies comme des zones « de rayonnement international », avec une « affluence exceptionnelle de touristes » étrangers, ces derniers étant à l’origine d’un « flux important d’achats ».

Si Paris possède déjà des ZTI, les villes méridionales de Nice, Cannes, Cagnes-sur-Mer ou encore Antibes notamment bénéficient également de ce statut.

La commune de Saint-Paul-de-Vence, dont Paris est « la banlieue », dans la chanson de Charles Trenet, compte 3324 habitants et possède 100 commerces et 40 galeries et ateliers d’artistes, qui représentent quelque 900 emplois, selon des chiffres INSEE de 2018.

Elle héberge aussi la très réputée Fondation Maeght qui expose des œuvres de Miro, Alberto Giacometti, Alexander Calder ou encore Fernand Léger, entre autres.