(Athènes) « C’est un moment majestueux » : une foule d’enthousiastes a été éblouie dimanche soir, en admirant la pleine lune éclairant l’élégante Acropole dans la nuit d’Athènes.

Eva GABRIEL Agence France-Presse

Comme 120 musées et sites archéologiques de Grèce, le musée de l’Acropole avait ouvert gratuitement aux visiteurs pour cette dernière pleine lune de l’été.

Bondée, la terrasse chic du musée, exceptionnellement ouverte jusqu’à minuit, offre une vue exceptionnelle sur le célèbre Parthénon qui trône sur le rocher sacré.

Vers 21 heures locales, la grande sphère jaune s’est levée entre les collines qui entourent Athènes, et le spectacle de cette pleine lune a pleinement commencé.  

« C’est un moment majestueux que d’être ici », s’enthousiasme Yonissis, un Grec résidant en Suisse.  

L’œil sur l’emblématique Parthénon illuminé, Spiros, un Grec de 22 ans, regrette qu’il y ait « beaucoup de monde. Mais quelle fierté pour notre pays, que tant de gens viennent découvrir notre histoire ancienne ».  

Pour entrer au musée, une longue file s’étirait toujours après 21 h locales sur le parvis du musée jusqu’à la voie pédestre qui fait le tour de l’Acropole.  Les visiteurs voulaient absolument profiter de la gratuité et des horaires rallongés.

« Le tout Athènes » est là

« C’est un peu la fashion week, le tout Athènes est présent », se réjouit Sophie, une voyageuse française. « Il y a toujours une atmosphère particulière dans les musées le soir ».

Rena, une Athénienne d’une quarantaine d’années, fait la queue pour suivre la visite par un archéologue. « J’ai choisi cet évènement de la pleine lune pour venir visiter le musée pour la première fois », dit-elle à l’AFP.

Partout en Grèce, concerts, représentations théâtrales, poésie, danse, expositions et observations des étoiles ont animé cette soirée de pleine lune, de la Crète ou des îles paradisiaques, dans l’archipel des Cyclades, en mer Ionienne ou en mer Egée.

Quel que soit le lieu où ils se trouvaient, les Grecs tout comme les touristes ont eu un libre accès à la quasi-totalité de la richesse historique et culturelle de la Grèce au clair de lune, selon un communiqué du ministère.  

De Kassope dans l’Epire (nord-ouest) au palais des Grands maîtres sur l’île de Rhodes (sud-est), en passant par les sites archéologiques d’Olympie, Mystras, Corinthe ou Nemea, sur la péninsule du Péloponnèse (sud-ouest), ou encore ceux de Delphes et Thèbes (centre) jusqu’à la forteresse de Corfou (ouest).

Pour cette opération inédite, le ministère grec de la Culture « espérait que la lumière de la lune l’emporterait sur l’ombre de la pandémie » de COVID-19.

Chaque musée, site ou localité avait « la charge du protocole sanitaire dans ce contexte pandémique », a déclaré à l’AFP Alexandra Aspioti de la Direction générale des Antiquités et du Patrimoine culturel de Grèce, service public sous la supervision du ministère de la Culture.

« Certains lieux et animations étaient soumis à un effectif réduit ou à une réservation préalable », a-t-elle souligné.  

Après une saison 2020 contrariée par la pandémie de coronavirus, la Grèce se félicite d’avoir récupéré à ce stade de la saison 70 % de la fréquentation touristique de 2019, selon Christos Staikouras, le ministre grec des Finances.  

Représentant plus de 20 % du produit intérieur brut (PIB), le tourisme est un secteur crucial pour l’économie grecque.