Sur un territoire exigu fait de montagnes, de rivières et de lacs, entre mer Égée et mer Adriatique, la Macédoine du Nord possède un immense patrimoine historique bâti au fil de millénaires de brassages culturels, ethniques, artistiques et religieux. 

Aline Apostolska
Collaboration spéciale

Skopje, la capitale

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Skopje

Entourée de collines et traversée par le Vardar, la capitale de la Macédoine du Nord est emblématique des brassages culturels du pays. Sur le centre-ville veille l’immense statue d’Alexandre le Grand à cheval, mais aussi des dizaines de statues de tous les héros macédoniens depuis des millénaires. Le vieux pont de pierre, qui a plus de 500 ans, conduit vers le quartier turc aux ruelles animées qui ressemblent à celles d’Istanbul. Sur les hauteurs du mont Vodno se dresse la croix du millénaire, plusieurs églises et monastères orthodoxes séculaires, le site de Saint-Panteleimon, ainsi que des sentiers de randonnée en hauteur offrant une vue exceptionnelle.

Matka, le canyon aux eaux émeraude

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Le canyon de Matka

À 30 minutes de Skopje, le canyon de Matka abrite la première centrale hydroélectrique du pays, devenue depuis un musée. Le lieu est désormais réservé à la villégiature au bord de hautes falaises de granit. On canote ou on s’y baigne, on profite de la fraîcheur dans ce pays où le thermomètre monte jusqu’à 45 °C l’été et descend à - 25 °C l’hiver. S’y tiennent aussi des compétitions internationales de kayak en eau libre.

Ohrid, aux sources de la Macédoine

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Église orthodoxe sur les rives du lac Ohrid

Les fouilles archéologiques ont révélé que le peuple macédonien était originaire des berges des lacs d’Ohrid et Prespa. Les sources remontent à l’âge du bronze. Au large du lac d’Ohrid se trouve un village sur pilotis datant du XIIe siècle avant notre ère. À Ohrid même, il faut voir l’exceptionnelle cathédrale Sainte-Sophie (Ve siècle), le sublime monastère Saint-Naum (XIe siècle), les arènes romaines quasi intactes (IIe siècle). La ville offre aussi un environnement prisé par les peintres et les mosaïstes. Et à la tombée du jour, sur le lac transparent entouré de tant de vestiges, on peut admirer le silencieux ballet des cygnes.

Radozda et Kourbinovo, sous l’égide des archanges

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L’église Saint-Michel l’Archange à Radozda

La découverte des églises et monastères demeure l’une des expériences les plus fortes que l’on puisse vivre en Macédoine du Nord. Haut lieu de la chrétienté originelle, ils en ont conservé le mysticisme, la beauté intimidante des fresques peintes sur la pierre et des icônes précieuses, et même la tradition d’ermitage rupestre indissociable de la chrétienté orientale. Au-dessus du village de pêcheurs de Radozda, près de la ville de Struga, par ailleurs connue pour son festival international de poésie, l’église troglodyte de Saint-Michel l’Archange (XIIIe siècle), creusée dans la falaise, offre un exemple superbe de cette tradition immémoriale. Tout comme, dans le village de pierres de Kourbinovo au-dessus du lac Prespa, l’église Saint-Georges l’Archange et ses émouvantes fresques du XIIe siècle.

Tikves, paradis de la vigne et du tabac

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Séchage traditionnel du tabac

La fertilité des terres macédoniennes est réputée depuis les Romains. Après avoir fourni en tabac les marques Camel et Kent, les usines appartiennent désormais partiellement au géant Philip Morris, mais les paysans ont conservé leurs terres et leur savoir-faire. Idem pour le vin. Des agences françaises organisent des voyages viticoles spéciaux pour découvrir les antiques cépages rouges stanouchina, prokoupets, vranets, kratochia et kadarka, ou les cépages blancs smederevka ou joupyanka dont la culture a été assurée par les moines orthodoxes durant la période turque. La région du Tikves, au centre du pays, avec ses vignobles et ses plantations de tabac à perte de vue, vaut vraiment le détour.

Le lynx du parc naturel de Mavrovo

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Le parc naturel de Mavrovo

La Macédoine reste encore aujourd’hui une sorte de terra incognita pour les scientifiques. Toutes les espèces animales et végétales endémiques n’ont pas été répertoriées et certains écosystèmes restent méconnus. C’est que la beauté sauvage des montagnes est difficile d’accès. C’est pourtant dans cette nature extravagante que bat le cœur de ce singulier territoire du sud des Balkans, dont le lynx est l’animal totem. L’espèce vit encore en liberté dans la montagne de Galicnica, dans le parc de Mavrovo, ainsi que les ours, loups et chevaux en abondance, sans oublier des espèces de reptiles et d’oiseaux endémiques ainsi que la race canine de Sharplanina, propre au lieu. Comme le sont, entre autres, de nombreuses espèces d’arbres, de fleurs et de végétaux.