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Jouer les Parisiens à Montréal

La Croissanterie Figaro.... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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La Croissanterie Figaro.

Photo: Robert Skinner, La Presse

(Montréal) Le multiculturalisme de Montréal permet de voyager au bout du monde sans prendre l'avion: on peut acheter un authentique sari dans Parc-Extension, écouter la messe en italien dans la Petite Italie, manger des gâteaux de lune dans le Quartier chinois ou des baklavas décadents dans le petit Maghreb. Mais puisque 100 000 Français habitent aussi la métropole, qu'ils y possèdent boutiques et restaurant où ils perpétuent leurs traditions et savoir-faire, Montréal prend aussi, parfois, des airs de Paris.

À défaut de vous payer une semaine de vacances dans la Ville lumière, voici quelques bons plans pour se faire une «journée parisienne» avec tout juste quelques billets de métro.

1. Petit-déjeuner

«Vous souhaitez être pris pour un Parisien? Rien de plus simple. Achetez Le Monde, pliez-le, marchez. Puis arrêtez-vous à un café et téléphonez avec votre portable», dicte Olivier Magny, auteur du caustique bouquin Dessine-moi un Parisien. Facile. Direction le Multimags (370, av. Laurier O.) pour acheter la dernière livraison (enfin, celle de la veille) du réputé quotidien français - bien que Le Figaro puisse aussi faire l'affaire, si vous êtes plutôt pro-Sarkozy... , puis à la terrasse de la Croissanterie Figaro (5200, rue Hutchison), l'un des cafés les plus parisiens de Montréal avec ses (trop) petites tables rondes en marbre blanc (trop) tassées les unes contre les autres et ses enluminures Art déco. Idéalement, on sera habillé de noir - «Paris est la capitale de la mode. Surtout si la mode se résume à porter du noir» et on s'installe en terrasse avec un café et des tartines de pain baguette beurrées, même s'il pleut. «Le soleil évite Paris avec une application presque irritante», remarque encore Olivier Magny.

2. «Shopping»

«Il n'est pas nécessaire d'être parisienne pour avoir le style d'une Parisienne», rassure Inès de la Fressange dans son guide mode-beauté La Parisienne.

Qu'à cela ne tienne, pour mettre la main sur quelques incontournables de leur garde-robe, on met le cap avenue Laurier, la plus franco-française des artères commerciales de Montréal. On commence par Des vertes et des pas mûres (141, avenue Laurier O.), qui ne détonnerait pas dans Le Marais avec, dans sa vitrine, les fameuses espadrilles Bensimon, des vêtements de la marque IKKS et, surtout, les débardeurs 100% coton du Petit Bateau (aussi en vente chez Lyla, 400, av. Laurier O.) qui sont pour la Parisienne comme «les petites madeleines de Proust», écrit Inès de la Fressange. Rien de moins! La chaîne parisienne Agatha (1054, av. Laurier O.), a pignon plus près de la montagne, où elle propose ses dernières collections de bijoux, montres et accessoires pour les cheveux en toc... chic. Pour les produits de beauté, les crèmes au beurre de karité ou à la lavande récoltée en Provence, on s'arrête à L'Occitane (1000, av Laurier O.). Pour les petits qui ont des parents avec une bourse très bien garnie, il n'y a rien de plus «bonne famille» que Jacadi (1090, av. Laurier O.). Pour les jouets, c'est à la boutique Citrouille (206, av. Laurier O.) que ça se passe, véritable caverne d'Ali Baba de jouets éducatifs européens tous plus colorés les uns que les autres. Ce n'est pas le sous-sol du Bon Marché de Paris, mais franchement, c'est presque aussi difficile de résister.

3. Épicerie

Oui, on peut maintenant trouver les fameux Carambars facilement à Montréal. Mais pour tous les autres produits qui font partie du quotidien des Français, du plus au moins raffiné (!), c'est chez Gourmet Laurier (1042, av. Laurier O.) qu'il faut s'arrêter: on vient autant y faire provision de galettes au beurre Saint-Michel que de mayonnaise en tube, de chocolat chaud Banania ou de chicorée Leroux, de pommes de terres en poudre que de quenelles de poisson en conserve. Mieux, il y a même un vaste rayon de produits de maison, avec les savons à linge Génie et Le Chat, et une sélection rare de savons et crèmes du petit Marseillais.

4. Bouquiner

Créée boulevard Raspail, à Paris, en 1922, la célèbre librairie Gallimard tient aussi boutique à Montréal, à deux pas du cinéma Excentris (3700, boul. Saint-Laurent). Une librairie comme on les aime, toute petite, avec des libraires passionnés qui ne connaissent pas que leurs classiques, mais savent aussi, avec leurs bons conseils, entraîner leurs lecteurs hors des sentiers battus par les best-sellers. Contrairement à ce que son nom indique, la librairie ne tient pas que les titres publiés par Gallimard. On repart, pourquoi pas, avec Paris Noir, un recueil de nouvelles noires écrites par des auteurs français, histoire de découvrir 12 zones d'ombres de la Ville lumière...

Le Marché de la Villette.... (Ivanoh Demers) - image 2.0

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Le Marché de la Villette.

Ivanoh Demers

5. Design

Malgré son nom anglais, la station Square-Victoria est la plus française de Montréal, surmontée d'une structure «Metropolitain» en fer forgé de style art nouveau identique à celles si caractéristiques du métro parisien. L'oeuvre de l'architecte français Hector Guimard, offerte par la mairie de Paris en 1967, est la seule hors de France à ne pas être préservée dans un musée. Côté architecture et design, le Vieux-Montréal est d'ailleurs l'endroit où l'on peut se sentir le plus en France... même si dans les faits, il reste bien peu de signes de la présence française. Les similitudes tiennent dans le type de matériaux utilisés la pierre grise pour les constructions de style Beaux-Arts, comme l'hôtel de ville de Montréal, note l'urbaniste Jean-Claude Marsan. Les rues Saint-Antoine, Saint-Sulpice, Saint-Paul, le cours Le Royer et la place d'Youville ont d'ailleurs servi à quelques occasions à reproduire Paris dans des superproductions étrangères (dont The Words, The Curious Case of Benjamin Button et Head in the Clouds). Pour le reste, «les ressemblances sont surtout impressionnistes», dit Denis Proulx, professeur au département d'études urbaines et touristiques de l'UQAM, et tiennent à la forte présence française. Vrai qu'en entendant aussi souvent l'accent français sur le Plateau Mont-Royal, en fréquentant les terrasses, les boutiques et les cafés tenus par des Français, on aura finalement davantage l'impression d'être à Paris que dans les secteurs s'en rapprochant davantage sur le plan architectural.

6. Déjeuner

Saucissons, terrines, pâtés, cornichons: quoi de mieux qu'un plateau de charcuteries pour faire le plein à midi. Le marché de la Villette de la rue Saint-Paul, qui doit son nom à l'ancien quartier des abattoirs de Paris, propose une foule de classiques viandeux du terroir français. La plupart sont fabriqués sur place, par Ludovic Marionnet, qui a pris la relève de son père charcutier Jean-Pierre. Mais on y retrouve aussi quelques préparations de Benoît Tetard, un autre Français installé sur la Plaza Saint-Hubert cette fois, où il mitonne, à la Queue de cochon, du boudin maison, des saucissons à cuire et de la choucroute qui méritent le détour.

7. Admirer

En attendant que le musée de cire Grévin n'ouvre sa succursale montréalaise, en mai 2013, et à défaut de pouvoir visiter le Louvres, le Grand Palais ou le musée d'Orsay, le Musée des beaux-arts de Montréal (1380, rue Sherbrooke O.) accueille ces jours-ci une exposition d'oeuvres de certains des plus grands maîtres impressionnistes français du XIXe siècle. Degas, Gauguin, Toulouse-Lautrec, Manet, Monet, Gauguin... Au total, 74 toiles de la collection privée amassée par un riche Américain, Robert Sterling Clark (héritier de l'empire des machines à coudre Singer), qui, marié à une actrice française, vécut longtemps à Paris. Le pavillon du musée est d'ailleurs du style Beaux-Arts, en vogue à Paris moment de sa construction.

8.Prendre un café gourmand

Du Musée des beaux-arts, il n'y a plus que quelques pas à faire pour sombrer dans l'univers gourmand d'Olivier Potier, ce maître pâtissier qui a fait ses classes chez l'un des plus grands de Paris: Ladurée. Ouverte depuis moins d'un an, la pâtisserie Olivier Potier (1490, rue Sherbrooke O.) propose de grands classiques revisités savamment dans un décor bon chic bon genre. L'éclair au chocolat est d'une finesse rare à Montréal, avec sa pâte à chou légère, parsemée de délicates perles de chocolat Michel Cluizel, le seul qui ait droit de cité ici. On profite du coup pour mettre la main sur l'une des excellentes baguettes de la boulangerie Le Pain dans les voiles (livrées chaque jour), qui n'ont certainement rien à envier à celles de la Ville lumière: après tout, elles se sont classées au deuxième rang du dernier concours Mondial du pain, en France.

9. Dîner

Parce que «le Parisien fera généralement précéder toute référence à un plaisir de la vie par l'adjectif «petit»», prévient Olivier Magny, on terminera la soirée par un «p'tit resto» où, dans un décor grands-miroirs, laiton et nappes blanches, on dégustera quelques classiques des meilleurs bistros français. À L'Express, il faut goûter l'assiette d'os à moelle en entrée, puis le rôti de boeuf servi froid sur salade et les rognons de veau sauce moutarde. «On retrouve le même code de présentation qu'à Paris: la tenue des serveurs, les tables petites et serrées, l'écho de la salle qui fait très brasserie», dit Laure Julliard, auteure du joli blogue «Une Parisienne à Montréal» (uneparisienneamontreal.com), qui a fait de L'Express (3927, rue Saint-Denis) et du Café Cherrier (3635, rue Saint-Denis) deux de ses adresses fétiches pour chasser le mal du pays.

À lire: Dessine-moi un Parisien, Olivier Magny, éditions 10-18, 2011. La Parisienne, Inès de la Fressange, Flammarion, 2011.




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