La gastronomie québécoise n'existe pas seulement dans les grandes villes. Et tous les bons chefs ne sont pas seulement à Montréal et à Québec. À preuve, le chef Paul Hachey est installé à Nouvelle, petite ville de la Gaspésie en bordure de la baie des Chaleurs.

Publié le 26 avr. 2010
Andrée Lebel LA PRESSE

Chef propriétaire du Café de la Petite École, Paul Hachey s'est donné comme défi d'utiliser des produits frais de la région. «Il y a de plus en plus de producteurs gaspésiens qui offrent des produits originaux et de grande qualité. Depuis quelques années, nous assistons à une grande diversification des produits de la mer, tandis que les secteurs de l'agriculture et de la transformation progressent de façon incroyable. Par exemple, le turbot fumé à chaud, à Rivière-au-Renard, est un pur délice», dit-il.

 

Originaire de Bathurst, au Nouveau-Brunswick, Paul Hachey a grandi à Nouvelle, municipalité située à l'ouest de Carleton. Ainsi, après avoir travaillé comme chef dans plusieurs restaurants de la région, il a décidé l'an dernier de revenir à Nouvelle pour y ouvrir un restaurant avec sa conjointe, Geneviève Philippe.

Le Café de la Petite École est une véritable histoire de réussite. L'établissement de 22 places, qui a conservé plusieurs artefacts de l'ancienne petite école, était plein tous les soirs de l'été 2009.

C'est de la gastronomie sans prétention. Comme il n'y a qu'une seule pièce, le chef cuisine devant les clients et l'atmosphère est détendue. «Je n'ai pas d'équipement sophistiqué, je me contente de ce qu'on trouve dans toutes les cuisines», dit le chef Hachey. Cette proximité avec les clients permet les échanges, ce qui ajoute aux plaisirs de la table.

Circuit gourmand

Il y a maintenant un véritable circuit gourmand en Gaspésie. L'agrotourisme compte des artisans passionnés qui accueillent les visiteurs à la ferme ou à l'usine de transformation, aussi bien que des chefs qui apprêtent ces aliments frais de belle façon, en y mettant toute leur créativité.

Parmi les produits mis en marché récemment par les producteurs gaspésiens, plusieurs se situent dans le haut de gamme. Si on les connaît peu à Montréal, c'est que la presque totalité de la production est écoulée dans la région. Par exemple, la Ferme Bourdages, située à Saint-Siméon-de-Bonaventure, met en marché trois alcools fins de fraise, vendus dans ses étals le long de la route et dans les restaurants de Gaspésie. Quant aux tartes, confitures et coulis Bourdages, ils sont aussi vendus en totalité dans la région.

Le chef Hachey se fait un point d'honneur d'utiliser des aliments de la région. Et pas seulement des poissons. Il y a une telle diversité des produits du terroir qu'on peut maintenant composer des repas entiers avec des produits frais de la Gaspésie.

Tous ces délices, ajoutés à l'accueil gaspésien, ont de quoi donner le goût de visiter la région.