Les Canadiens sont nombreux à manifester l'intention de voyager en France cet été, mais ils tardent à effectuer leurs réservations. C'est ce qui se dégage d'un sondage effectué par la Maison de la France auprès des 160 000 abonnés à ses bulletins d'information. Ainsi, le 11 mars dernier, 70 % des répondants qui avaient déclaré qu'ils visiteraient l'Hexagone cette année, n'avaient pas encore effectué leurs réservations.

André Désiront, collaboration spéciale LA PRESSE

«C'est une guerre de nerfs sur fond de crise économique qui s'engage entre les consommateurs et nos partenaires, les transporteurs et les voyagistes qui ne savent plus trop sur quel pied danser», observe Caroline Putnocki, directrice pour le Canada de la Maison de la France. «Pourtant, notre enquête nous indique que les Canadiens iront en France, malgré tout. Mais ils attendent à la dernière minute pour réserver.»

Pourtant, l'incertitude liée au contexte économique et le fléchissement du dollar canadien face à l'euro sont des facteurs qui n'inclinent pas à l'optimisme. «Mais le dollar n'a reculé que de 6 % face à l'euro comparativement à l'an dernier», note Caroline Putnocki. Ainsi, il fallait débourser 1,68 $ cette semaine pour obtenir un euro, comparativement à 1,60 $, en moyenne, l'été dernier. Et le désavantage du taux de change devrait être largement compensé par les aubaines qui seront nombreuses, tant pour le transport aérien que du côté des offres d'hébergement.

Un peu plus de 1 million de Canadiens ont voyagé dans l'Hexagone en 2008. «Les chiffres exacts ne sont pas encore disponibles, mais nous avons reçu 990 000 Canadiens en 2007 et nos indicateurs nous portent à estimer qu'il y a eu une augmentation des arrivées d'environ 5 % en 2008», explique Caroline Putnocki. Selon l'enquête réalisée auprès des abonnés aux bulletins d'information de la Maison de la France, 60 % des visiteurs canadiens se cantonneraient aux limites de l'Hexagone, alors que la majorité des autres en profiteraient pour visiter un seul autre pays, principalement l'Espagne, l'Italie ou le Royaume-Uni.

Les agents de voyages auraient peu d'influence sur le choix de la destination (97 % des répondants étaient fixés avant de consulter un agent), mais en auraient davantage sur celui des moyens de transport et du type de prestation consommée (hôtel, maison à louer, location de voiture, passe de train...)

Seulement 15 % des visiteurs canadiens achètent un forfait complet, du type circuit en autocar ou avec hébergement pour la durée du séjour. «La France est la destination par excellence où vos compatriotes circulent en liberté, parce qu'ils s'y sentent à l'aise», note Caroline Putnocki. Ils y séjournent en moyenne deux semaines et, après Paris, les régions les plus visitées sont, dans l'ordre, la Provence et la Côte d'Azur, le Languedoc et le Roussillon, la région Rhône-Alpes, l'Aquitaine et la Normandie.

Parmi les «bonnes raisons» d'effectuer un voyage en France, cette année, on signale plusieurs grandes expositions consacrées à Picasso, dans le sud du pays. Notamment Picasso en Provence, qui permettra de découvrir 200 oeuvres réalisées entre 1945 et 1949, au musée Picasso à Antibes, Picasso et Cézanne, au musée Granet, à Aix en Provence, et l'ouverture, par Catherine Hutin, fille de Jacqueline Picasso, du château de Vauvenargues, au pied de la montagne Sainte-Victoire, où l'artiste a résidé de 1959 à 1961.