Recherche Voyage
Source ID:; App Source:

Barcelone se rebelle contre ses touristes bruyants

Les habitants de l'ancien quartier de pêcheurs la... (PHOTO JOSEP LAGO, AFP)

Agrandir

Les habitants de l'ancien quartier de pêcheurs la Barceloneta manifestent par centaines et en famille depuis la mi-août contre le comportement «antisocial» de touristes de plus en plus nombreux.

PHOTO JOSEP LAGO, AFP

Daniel BOSQUE
Agence France-Presse
BARCELONE

Cris, tapages nocturnes, jeunes gens ivres et parfois nus dans la rue sont venus à bout de la patience des habitants de la Barceloneta, quartier historique de Barcelone en bord de mer qui se rebelle contre le tourisme de masse.

Des manifestants dans le quartier de la Barceloneta,... (PHOTO JOSEP LAGO, AFP) - image 1.0

Agrandir

Des manifestants dans le quartier de la Barceloneta, le 30 août dernier.

PHOTO JOSEP LAGO, AFP

«La Barceloneta se rebelle», «Non aux appartements touristiques»: brandissant des pancartes faites maison, les habitants de cet ancien quartier de pêcheurs manifestent par centaines et en famille depuis la mi-août contre le comportement «antisocial» de touristes de plus en plus nombreux.

Le malaise est palpable depuis des années mais la publication de photographies montrant des jeunes faisant leurs courses complètement nus devant des commerçants indignés ont fait éclater la colère.

«C'est notre quotidien. La nuit, tout ça se remplit de fêtes illégales, de beuveries, de gens qui crient dans la rue. C'est lamentable et insupportable», explique Manel Serrano qui, à 59 ans, manifeste avec sa mère nonagénaire en chaise roulante.

Les nuisances sont d'autant plus présentes que ce quartier à l'identité très marquée est densément peuplé.

Ancien quartier de pêcheurs, la Barceloneta a profité de la transformation spectaculaire de la ville en vue des Jeux olympiques de 1992. Aménagée, nettoyée, sa plage est devenue l'un des lieux les plus touristiques de Barcelone.

Mais le visage traditionnel du quartier a survécu. Bordé par la mer, il est habité par une population humble, très attachée à ses petits immeubles et ruelles étroites où sèche le linge aux balcons.

«C'est très dur de cohabiter avec ça. J'ai trois enfants et je ne veux pas qu'ils voient ce genre de choses», s'énerve Eva Corbacho, femme au foyer de 39 ans.

Sa colère vise surtout les appartements loués aux touristes, la plupart non déclarés, qui, en se multipliant dans le quartier, poussent les loyers à la hausse.

«Ils spéculent, les loyers augmentent et nous, qui vivons ici depuis toujours, on ne peut plus se les permettre», se désole aussi Pilar Lozano, chômeuse de 42 ans.

Autre cible de l'ire des habitants: la mairie, accusée d'inaction. Face à leur mécontentement, elle a depuis peu renforcé les patrouilles de police et les inspections d'appartements soupçonnés d'être loués illégalement.

Fin avril, la mairie avait approuvé un moratoire sur les ouvertures de nouveaux appartements touristiques dans le centre.

«Jusqu'à présent nous avions axé notre travail sur la promotion touristique mais il nous restait à mieux réguler ce secteur», explique Sonia Recasens, responsable de l'Économie à la mairie.

Un parc d'attractions

Le problème n'est pas circonscrit à la Barceloneta. Dans le centre historique de la ville et les environs de la Sagrada Familia et du Parc Güell, deux des oeuvres les plus célèbres de l'architecte Antoni Gaudi, les habitants se plaignent depuis longtemps du trop-plein de touristes.

Au point que le tourisme arrivait à la quatrième place des inquiétudes des Barcelonais dans un sondage municipal publié en juillet, juste derrière le chômage, l'économie et l'insécurité.

Célèbre pour son architecture, ses activités culturelles, son climat tempéré et ses plages, ce port méditerranéen de 1,6 million d'habitants a vu le nombre de visiteurs exploser entre 1990 et 2013, passant de 1,7 million à 7,5 millions. Et ce en ne comptant que les touristes logés à l'hôtel.

Si l'on inclut les autres logements et les visiteurs d'un jour, ce nombre bondit jusqu'à 27 millions par an, selon la mairie.

«Ce modèle touristique basé sur une croissance sans bornes ne peut pas durer car il perturbe gravement la vie des habitants, il transforme la ville en un parc d'attractions», critique Lluis Rabell, président des associations de voisinage de Barcelone.

Les alentours des Ramblas et le quartier gothique sont les plus touchés, les hordes de touristes allant parfois jusqu'à bloquer la circulation des piétons.

«Il faut des réponses rapides», affirme Saida Palou, docteur en anthropologie et auteur d'une thèse sur l'essor du tourisme à Barcelone.

«Barcelone ne peut pas se passer du tourisme car il lui apporte entre 10% et 12% de son PIB. Il est source de dynamisme et d'une grande richesse culturelle mais s'il faut pour cela payer le prix d'un tel malaise social, c'est que quelque chose ne va pas.»




À découvrir sur LaPresse.ca

la boite: 1600176:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Voyage

Tous les plus populaires de la section Voyage
sur Lapresse.ca
»

Destinations

Asie Europe Afrique Amérique latine Océanie États-unis Canada Québec

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer