La capitale de l'Irlande du Nord est une ville de caractère en pleine renaissance. Au risque de passer à côté, on se doit de l'aborder au regard de son histoire contemporaine, Brexit inclus. C'est alors que l'on peut goûter l'amitié des Belfastois, adopter leur accent, leur musique, danser et se griser de bière Hilden.

Mis à jour le 18 juill. 2016
Béatrice Leproux LA PRESSE

Le musée Titanic 

Le renouveau des rives de la Lagan contredit le désastre de 1912. Avec ses immeubles modernes, ses promenades et l'installation d'enseignes internationales, le quartier Titanic en plein développement traduit la croissance économique consécutive aux accords de paix de 1998, après 30 ans de violence et d'agitation politique. Construit sur le site des chantiers navals où le paquebot fut bâti, splendide et passionnant, le musée Titanic retrace dans son contexte historique et économique l'épopée du géant des mers. 

http://titanicbelfast.com/

Signes d'appartenance 

Vert, blanc et orange ou Union Jack (pour les plus classiques), drapeaux, symboles et cénotaphes identifient avec insistance les deux communautés, républicaine (catholiques) et loyaliste (protestants). Un mur et des barrières fermées le soir et les week-ends séparent les ghettos communautaires de West Belfast. De part et d'autre, des fresques très élaborées exaltent la violence des groupes paramilitaires, le soutien aux prisonniers ou l'espoir de paix. Malgré les négociations menées et la paix retrouvée, certains craignent que la sortie de l'Union européenne (Brexit) et le rétablissement d'une frontière n'exacerbe les tensions contenues.

Photo Olivier Thomas, collaboration spéciale

Un mur et des barrières séparent les ghettos communautaires de West Belfast. 

L'art de la rue

Politiques, symboliques ou issues de l'imagination artistique, en réponse aux fresques agressives, les façades du quartier de la Cathédrale expriment le talent des artistes de rue. Depuis 2009, chaque mi-septembre, la Culture Night (Nuit culturelle) fait appel aux plus grands artistes internationaux. D'abord spontané, ce mouvement a été encouragé par la municipalité, les propriétaires offrant un mur ou passant commande. Avec humour et compétence, Verz, artiste lui-même, décrypte ces oeuvres, les différentes techniques et les thématiques de prédilection des artistes.

http://www.seedheadarts.com/street-art-walking-tour/

Photo Olivier Thomas, collaboration spéciale

En réponse aux fresques agressives, des street-artists expriment leur talent sur les façades du quartier de la Cathédrale.

Les façades victoriennes 

De l'ensemble architectural plutôt hétéroclite se dégagent de beaux édifices de style victorien comme la Queen's University, le Grand Opera House ou le Merchant Hotel, vestiges du florissant premier chantier de construction navale du Royaume-Uni aux XIXe et XXe siècles. Des bâtiments plus modestes aux briques rouge sombre entamées par l'érosion s'échappent de la végétation. Ces bâtisses sont menacées de destruction par les promoteurs. Mais la restauration des entrepôts du quartier de la Cathédrale cher aux noctambules et aux artistes a fait école: la population défend ardemment ses murs historiques.

Photo Olivier Thomas, collaboration spéciale

La population de Belfast défend ardemment ses édifices victoriens, dont certains ont subi l'outrage du temps.

Les Irish pubs 

C'est le lieu social par excellence, chaleureux, bruyant, bondé les fins de semaine et où l'on se sent tout de suite bienvenu. Longs comptoirs en bois, tables et chaises assorties, bière ou whiskey, l'Irlandais a une bonne descente. Dans le quartier étudiant de Queen's ou celui de la cathédrale, avec orchestre ou sessions improvisées, sur fond de match de foot... on les ferait tous si les nuits étaient plus longues. 

www.dukeofyorkbelfast.com

www.thejohnhewitt.com

www.kellyscellars.com/

www.laverysbelfast.com

www.mchughsbar.com

Photo Olivier Thomas, collaboration spéciale

Chaleureux, bruyant, bondé les fins de semaine, le pub est le lieu social par excellence.

Une gastronomie locale 

«Nous avons désormais de bons produits, mais nous ne savons pas encore les cuisiner», confesse un producteur du marché St George's. Les week-ends, la structure en fonte de ce bâtiment victorien abrite légumes, poissons et fromages frais, un festival de pâtisseries et autres articles locaux. Au milieu de cette gentille agitation, on grignote bio sur des tables de bois en compagnie d'un DJ ou d'un groupe. De son côté, la maison Sawers (1897) fournissait déjà le Titanic. C'est dire si ce déli exhibe d'excellents produits de luxe et se réjouit de l'éveil à la gastronomie des restaurants de Belfast.

http://visitbelfast.com/things-to-do/member/st-georges-market

www.sawersbelfast.com

Photo Olivier Thomas, collaboration spéciale

Du vendredi au dimanche, le marché St George's propose légumes, poissons, fromages frais...

Le devoir de mémoire 

Ouverte de1846 à 1996, la prison de Crumlin Road Gaol a retenu, avec les prisonniers de droit commun, des républicains, des loyalistes et des prévenus mêlés au conflit opposant l'Irlande du Nord au Royaume-Uni. Longtemps considérés comme criminels, il leur a fallu une trentaine d'années et de fatales grèves de la faim avant d'être reconnus comme prisonniers de guerre. Crumlin est relié au tribunal de l'autre côté de la rue par un tunnel souterrain de 85 m de long - hanté, dit-on. Des cellules à la chambre d'exécution, ce parcours très bien guidé s'envisage comme un témoignage vivant. 

www.crumlinroadgaol.com

www.irlande-tourisme.fr

Photo Olivier Thomas, collaboration spéciale

Des cellules à la chambre d'exécution, on peut visiter l'ancienne prison de Crumlin Road Gaol, où ont notamment été enfermés des prévenus mêlés au conflit nord-irlandais.