La pandémie a complètement bouleversé le monde du voyage. Au pays, les dépenses touristiques ont chuté de près de la moitié, a récemment fait savoir Statistique Canada. Mais tous les indicateurs ne sont pas au rouge. Voici cinq chiffres qui donnent un petit aperçu de ce qui a changé depuis un an.

Simon Chabot Simon Chabot
La Presse

- 84,4 %

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

L’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau est très peu fréquenté depuis maintenant un an.

Sans surprise, les touristes étrangers se sont faits plus rares depuis un an au pays. Beaucoup plus rares. Statistique Canada calcule que leur nombre a diminué de 84,4 % dans l’année suivant le début du confinement, en mars 2020. À peine 5,1 millions de non-résidants ont donc visité le Canada pendant cette période, contre 33 millions dans l’année précédente.

43 millions

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Paysage de la route des Géants, entre Baie-Comeau et Fermont, sur la Côte-Nord

Privés de voyages à l’étranger, les Canadiens ont voyagé davantage au pays l’été dernier. Pendant la haute saison, de juillet à septembre, ils ont fait 43 millions de voyages pour des vacances, des loisirs ou de l’agrément, en hausse de 4,4 % par rapport à l’année précédente. Il s’agit de l’une des très rares hausses dans le portrait tracé par Statistique Canada dans son enquête nationale sur les voyages. Ainsi, pendant la même période, le nombre de voyages d’agrément vers les États-Unis (et leurs plages) s’est limité à 21 000, en baisse de 99,5 % !

75 %

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Camping au parc national des Îles-de-Boucherville

Les Québécois ont fait beaucoup de camping pendant l’été 2020. À la SEPAQ, qui gère les parcs, réserves et établissements touristiques du gouvernement du Québec, le taux d’occupation des 7000 terrains du réseau a avoisiné les 75 % pendant les mois de l’été. Une nette hausse par rapport aux années précédentes, où le taux s’approchait davantage de 66 %. Les parcs nationaux de la SEPAQ ont d’ailleurs connu une fréquentation record en 2020, avec 4,8 millions de jours/visite, en hausse de 14 % par rapport à 2019.

108,80 $

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

L’hôtel Fairmont Le Reine Elizabeth de Montréal a illuminé une partie de ses chambres, en décembre dernier, pour former un cœur.

Avec un nombre de visiteurs en chute libre, le prix moyen d’une nuitée dans un établissement d’hébergement à Montréal a reculé à moins de 110 $ en 2020, en baisse de 34 % par rapport à l’année précédente, calcule le ministère du Tourisme du Québec. À peine le quart (25,9 %) des 21 070 unités d’hébergement de la métropole ont été occupées en moyenne pendant l’année, une baisse de près de 46 %. Si le taux d’occupation était en baisse partout au Québec l’an dernier, le prix moyen d’une nuitée a légèrement augmenté dans deux régions : la Gaspésie (+1,2 %, à 112,60 $) et la Baie-James (+2,7 %, à 125,20 $).

- 4,7 milliards

PHOTO DAVID RYDER, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Des avions stationnés à Seattle

La pandémie a mis le monde de l’aviation civile au tapis. Le Conseil international des aéroports, dont le siège se trouve à Montréal, estime que d’ici la fin de l’année 2021, 4,7 milliards de passagers auront manqué à l’appel dans les avions du monde entier à cause du coronavirus (en se basant sur des prévisions faites avant l’apparition de la COVID-19). Le Conseil s’attend à une reprise rapide vers la fin de l’année, mais estime qu’il faudra attendre 2024 pour revoir autant de passagers transiter par les aéroports qu’en 2019.