Le transporteur aérien Swoop a annulé ou retardé 23 vols au cours des quatre derniers jours en raison d’un problème de moteur sur un appareil.

Christopher Reynolds
La Presse canadienne

Des centaines de passagers qui avaient réservé un vol de la filiale de WestJet tentent de se réorganiser après que le transporteur eut annulé ces vols pour un « entretien imprévu » sur un moteur défectueux.

La politique de Swoop prévoit de rediriger les passagers vers d’autres compagnies aériennes si elle ne peut pas leur offrir une réservation sur ses propres vols « dans un délai raisonnable ».

Cette politique s’applique aux événements « sous le contrôle de Swoop », ce qui comprend les problèmes d’entretien des derniers jours, selon la porte-parole Karen McIsaac.

Mme McIsaac assure que la grande majorité des passagers ont pu réserver un autre vol Swoop, ajoutant que le transporteur traiterait les demandes pour changer de compagnie aérienne « au cas par cas ».

L’entreprise a également expliqué en partie ses problèmes par l’immobilisation des appareils Boeing 737 Max, ce qui l’empêche d’utiliser ces avions pour aider les passagers.

« Nous explorons des options pour affréter des aéronefs afin de nous aider, mais il y en a peu, car la disponibilité est limitée compte tenu de l’immobilisation du MAX », a-t-elle écrit dans un courriel.

Les autorités du monde entier ont cloué au sol les avions Boeing au printemps dernier après deux écrasements — l’un en Indonésie en octobre et l’autre en Éthiopie en mars, qui avait tué 346 passagers à bord, dont 18 Canadiens.

Des voyageurs frustrés

Les voyageurs frustrés se sont vidé le cœur sur les médias sociaux, se plaignant que le transporteur les ait redirigés sur des vols Swoop jusqu’à cinq jours plus tard et que son centre de service à la clientèle ait été fermé pendant la fin de semaine.

Mme McIsaac a indiqué que Swoop fournissait aux passagers concernés l’hébergement, les repas et le transport « au besoin ».

« Ceux qui souhaitent annuler peuvent le faire pour un remboursement complet », a-t-elle ajouté.

Le problème a affecté l’un des sept avions de Swoop, qui a besoin d’un nouveau moteur en raison d’une fuite d’huile sur un avion de ligne Boeing 737-800, a indiqué la porte-parole.

« Cela nécessite une quantité importante de travail et de démontage afin de résoudre complètement le problème », a-t-elle précisé.

La capacité de l’appareil est de 189 personnes, ce qui signifie que plus de 4300 passagers seraient concernés si les 23 vols étaient pleins.

La perturbation affecte les vols en provenance d’Edmonton, Halifax, Hamilton, Orlando, Floride et d’autres villes.

Des changements insuffisants

Gabor Lukacs, responsable du groupe Droits des passagers aériens, souligne qu’en vertu des nouvelles règles fédérales qui doivent entrer en vigueur cette année, les passagers de Swoop ne recevraient aucune indemnité en raison d’une « échappatoire » réglementaire.

Les règles n’obligent pas les compagnies aériennes à payer les clients pour des retards ou des annulations s’ils sont causés par des problèmes mécaniques découverts lors d’une vérification avant vol, plutôt que pendant l’entretien prévu qui est requis après 100 heures cumulées dans l’air.

« Ils disent que l’aéronef est tombé en panne, en gros, qu’il s’agit d’un problème de maintenance », a expliqué M. Lukacs.

« C’est précisément la raison pour laquelle les nouvelles règles relatives aux aéronefs sont un échec. Dans ce cas, en vertu des nouvelles règles, les passagers ne seraient pas indemnisés. Ils ne verraient pas un sou. »

L’Office des transports du Canada n’avait pas immédiatement répondu à un message lui demandant si elle pourrait ouvrir une enquête sur les annulations.