Faire le tour du monde sans prendre l'avion? C'est le défi qu'ont relevé Ed Gillespie et sa femme, en 2007-2008.

Sylvie St-Jacques LA PRESSE

En 381 jours de vacances actives, ces globe-trotters britanniques se sont réconciliés avec l'aspect romantique et aventurier du voyage, en parcourant la planète en bateau, en train, à vélo ou à dos de chameau. Un anachronisme, en cette ère de vols à bas prix où il possible de déjeuner à Barcelone et de prendre l'apéro à Glasgow. Ed Gillespie, depuis son retour chez lui, tient désormais un blogue voué à la promotion du slow travel. 

L'idée du slow travel fait tranquillement son petit bonhomme de chemin, comme en témoigne la prolifération des blogues, des guides de voyage et même des conférences sur l'art de voyager sans se presser. «Le slow travel s'impose en réaction à la culture de vitesse. Pratiquer le slow travel, c'est valoriser l'appréciation du trajet autant que la destination et valoriser davantage la qualité que la quantité», indique Carl Honoré, auteur de L'éloge de la lenteur.

Comment s'y prendre pour réussir un voyage len-te-ment? Mettre l'accent sur le plaisir de découvrir une nouvelle ville ou des paysages exotiques. Éviter les forfaits du type «10 pays d'Europe en 12 jours». Et, bien entendu, favoriser les modes de transport plus écologiques et réviser à la baisse sa «liste de choses à faire et à voir».

«En voulant tout voir et en se composant des programmes hyper chargés, on remarque moins les petits détails et l'expérience du dépaysement s'en trouve diminuée», rappelle Carl Honoré. Modérer ses transports, selon Ed Gillespie, est plus une nécessité qu'une fantaisie. «La fréquence à laquelle les gens prennent aujourd'hui l'avion est incompatible avec les objectifs de réduction des gaz à effet de serre.»

Bon pour la planète, le voyage lent fait du bien à la santé du corps et de la tête. Parce que, après tout, l'idée de partir n'est pas de revenir chez soi plus fatigué qu'au départ...

 

Comment voyager slow cet été?

Louer un appartement ou pratiquer l'échange de maisons. Dans un monde mondialisé, les hôtels sont les mêmes à Edmonton, à Milan ou à Buenos Aires. En passant quelques jours ou même quelques semaines dans un même lieu, on peut vraiment s'imprégner d'une culture étrangère.

> Ne pas rapporter ses moindres faits et gestes sur Twitter ou Facebook. Une des joies du voyage est de se débrancher de son monde habituel. Si, en voyage, vous avez les yeux constamment rivés sur un écran ou un iPhone, autant rester chez vous!