Dès la naissance, un nouveau-né nourri au sein doit recevoir un supplément de vitamine D pour combler ses besoins. Un enfant a également un important besoin en vitamine D. Par contre, en raison de la diversification de son alimentation, il a parfois plus de difficulté à atteindre l'apport quotidien recommandé pour cette vitamine.

Jacinthe Côté, collaboration spéciale LA PRESSE

Habituellement, le corps obtient sa vitamine D quand la peau est exposée aux rayons ultraviolets B du soleil. Le risque de contracter le cancer de la peau en s'exposant au soleil est toutefois élevé. Afin de réduire ce risque, mais aussi pour compenser le manque d'exposition solaire en hiver, l'apport nutritionnel de référence pour la vitamine D a été établi en considérant seulement une exposition minimale au soleil. C'est pour toutes ces raisons qu'il est important pour les petits, comme pour les grands, de consommer des aliments riches en vitamine D ou sinon de prendre un supplément.

Une carence en vitamine D chez les enfants peut entraîner le rachitisme (ramollissement des os causant des fractures et des difformités) et des faiblesses musculaires. La vitamine D facilite l'absorption et l'utilisation du calcium et du phosphore et contribue au développement et à la santé des os et des dents. Elle contribue au bon fonctionnement des muscles, du système immunitaire et du processus de division cellulaire.

Selon l'Institute of Medicine, les enfants âgés de 1 à 13 ans ont besoin d'un apport nutritionnel quotidien en vitamine D de 600 unités internationales (UI). Pour éviter les risques d'intoxication, l'apport maximal quotidien tolérable a été fixé à 2500 UI pour les enfants de 1 à 3 ans, à 3000 UI pour ceux de 4 à 8 ans, et à 4000 UI pour ceux âgés de 9 à 13 ans.

Les sources naturelles de vitamine D dans les aliments offerts au Canada sont rares. Le saumon, l'anguille et l'espadon en contiennent 286 UI/once, tandis que le thon, le hareng, la truite, le doré et le flétan en comprennent 69 UI/once. La levure de boulangerie en contient des quantités variables selon sa teneur en solide et le jaune d'oeuf en renferme 40 UI par oeuf.

Autrement, les principales sources de vitamine D sont les aliments enrichis. Le lait de vache (85 UI/250 ml), la margarine (530 UI/100 g) et les boissons de soja et de noix (85 UI/250 ml) sont enrichis obligatoirement. D'autres aliments peuvent l'être sur une base volontaire: le lait de chèvre (100 UI/250 ml), le pain, les produits de boulangerie (90 UI/100 g) et le jus d'orange (100 UI/250 ml). Le yogourt ne peut être enrichi de vitamine D, mais peut être fabriqué à partir de lait enrichi en vitamine D. Malgré ces nombres croissants, une étude publiée en 2012 dans le Journal of Food Science a démontré que le lait demeure la principale source de vitamine D. Il représente 44% de la consommation alimentaire totale.

L'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes - Nutrition a évalué en 2004 l'apport nutritionnel provenant des aliments, des boissons ainsi que des suppléments. Ses données révèlent que 23% des enfants âgés de 1 à 3 ans ont un apport usuel moyen en vitamine D de 380 UI par jour, une quantité inférieure à l'apport nutritionnel quotidien recommandé.

La prise d'un supplément n'est pas recommandée de façon routinière chez l'ensemble des enfants. Par contre, si votre enfant ne consomme pas les aliments riches en vitamine D en quantité suffisante, il est à risque de carence et bénéficierait d'un supplément.

Vous avez des questions? sante@lapresse.ca

Diététiste passionnée, Jacinthe Côté travaille en agroalimentaire depuis près de 15 ans. Elle a étudié les effets de la transformation sur les composés actifs du sirop d'érable et les propriétés santé de la canneberge.