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Dépistage du cancer du sein: les Montréalaises traînent la patte

Le Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS) traîne la patte à Montréal. Lancé en 1998, le seul programme de dépistage du cancer implanté au Québec peine toujours à rejoindre les Montréalaises.

Bien qu'aucune région du Québec n'ait atteint l'objectif de 70% de participation fixé par le ministère de la Santé et des Services sociaux, Montréal demeure celle où le taux de participation est le plus bas. Les dernières statistiques disponibles, en date du 30 juin 2008, montrent que 42,5% des Montréalaises de 50 à 69 ans ont pris part au programme, comparativement à 53,9% des Québécoises du même groupe d'âge. En Estrie et dans Chaudière-Appalaches, le taux de participation atteint 64,1%. Le programme prévoit que toute femme âgée de 50 à 69 ans devrait subir une mammographie de dépistage tous les deux ans. Selon le Dr Pierre Audet-Lapointe, médecin-conseil au PQDCS pour l'île de Montréal, le retard montréalais s'explique par le nombre important de femmes à rejoindre, la grande proportion d'immigrantes et la pratique de plusieurs médecins de famille qui réfèrent leurs patientes dans des centres de dépistage non certifiés par le programme. Aussi, plusieurs femmes refusent de s'y inscrire parce qu'elles doivent fournir des informations personnelles.

«Nous sommes la région qui avons le plus grand bassin de femmes à rejoindre avec 210 000 femmes, indique le Dr Pierre Audet-Lapointe.» Pour les atteindre, l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal mise sur les médecins de famille. Et sur l'envoi de lettres invitant les femmes à prendre un rendez-vous dans un des 15 centres de dépistage désignés.

«Le médecin de famille est la pierre angulaire, affirme le Dr Audet-Lapointe. S'il dit à sa patiente que c'est important de participer au programme, elle le fera. Règle générale, les médecins savent que le programme existe, mais ils n'en connaissent pas la mécanique. Ils envoient leurs patientes dans d'autres centres de dépistage qui ne participent pas au programme. Et parfois, les femmes doivent payer pour la mammographie.» Depuis quelques années, la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal rencontre les médecins en petits groupes pour les sensibiliser à l'importance du programme de dépistage.

Autre barrière de taille : la population immigrante. De tous les centres de santé et de services sociaux de Montréal, celui de la Montagne, qui couvre notamment le centre-ville ainsi que les quartiers Côte-des-Neiges et Parc-Extension, est celui où la participation est la plus faible (34,1%).

Les lettres envoyées sont maintenant rédigées en plusieurs langues, mais plusieurs femmes refusent simplement de participer au programme. «Il faut souvent leur expliquer le programme et les convaincre de son importance, indique le Dr Audet-Lapointe. Or, plusieurs vivent en gettho et sont difficiles à rejoindre. Il arrive aussi que ce soit le mari qui s'occupe des questions médicales.»

Délais d'attente

Les délais d'attente, qui varient beaucoup d'un centre de dépistage à l'autre, pourraient également décourager certaines femmes. Alors que certains centres offrent des rendez-vous dans un délai de sept jours, d'autres n'ont aucune place disponible avant 24 semaines. Puisqu'il s'agit de cliniques privées, les femmes ne sont pas référées dans d'autres centres où l'attente est moins importante.

La Direction de la santé publique de Montréal dit surveiller de près les délais d'attente dans les centres de dépistage désignés. «Nous encourageons les femmes à y aller, mais il faut également qu'il y ait du service», indique l'agente d'information à la DSP, Deborah Bonney. Elle ajoute qu'aucune augmentation du nombre de centres désignés n'est envisagée à court terme.




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