Manger des artichauts et manger local? C'est possible. Une ferme de la Montérégie propose même d'aller cueillir soi-même ces boutons de fleurs géants dans ses champs. Rangez vos ouvre-boîtes, sortez votre canif ce week-end: la récolte se termine bientôt.

Mis à jour le 9 oct. 2013
Violaine Ballivy LA PRESSE

Si acheter des artichauts se résume trop souvent à une triste visite au rayon des conserves à l'épicerie, la chose est devenue beaucoup plus intéressante depuis que la ferme La Fille du Roy, à Sainte-Marie-Madeleine, permet d'aller les récolter directement dans ses champs, un détour d'une quarantaine de minutes à partir de Montréal qu'on ne regrettera pas.

Car il faut avouer qu'un plant d'artichaut, c'est beau. Magnifique, même, avec son feuillage vert sombre délicatement dentelé et ses tiges chargées de boutons de fleurs plus grands que nature. Chaque plant livre généralement, au milieu du mois d'août, une première fleur dite "mère" qui, une fois récoltée, laissera place à la croissance d'une douzaine de fleurons secondaires. Si l'artichaut n'est pas récolté, il éclot tel un chardon en un joli pompon violet vif.

Josée Roy, de la sixième génération de cultivateurs de la famille, a rompu avec la tradition en délaissant un peu les grandes cultures (soya, maïs) il y a cinq ans pour faire place à ce légume toujours marginal au Québec. De l'artichaut, on n'en mangeait d'ailleurs pas chez elle quand elle était petite. «Mais j'ai toujours adoré ça», dit-elle avec aplomb. Et surtout, c'était un choix gagnant pour se distinguer des autres maraîchers et changer des tomates, des laitues et des haricots.



N'empêche que ce n'était pas nécessairement le choix le plus facile: l'artichaut n'est pas tout à fait adapté au climat québécois et, bien qu'il soit vivace plus au sud et en Europe, il ne passe pas l'hiver ici. Chaque année, tout est donc à recommencer, et les plants sont moins productifs. À preuve: même si la saison a été particulièrement bonne, près de 20% des 12 000 pieds d'artichauts que Josée Roy et son conjoint Antoine Beauregard ont plantés au printemps sont restés stériles. «Ils auraient sans doute donné des artichauts l'an prochain, mais ils vont mourir à l'automne, avec les premières gelées», explique Josée Roy.

Cela dit, même si la saison tire à sa fin (l'autocueillette se termine à la fin du mois), les clients ont encore l'embarras du choix dans les champs, entre les plus petits artichauts, moins charnus, mais plus tendres, et les plus gros, avec un coeur plus dodu, mais des feuilles plus coriaces.

Mieux: on peut s'en couper en fleurs, qui feront tout un effet dans un vase sur la table de la cuisine!

La douzaine d'artichauts coûte 5$, peu importe leur taille. La ferme vend aussi des courges et d'excellents produits maison, dont une tapenade et des coeurs d'artichauts marinés qui, miracle, ne baignent pas dans l'huile... Ce n'est sans doute pas un hasard si Josée Roy compte parmi ses clients le restaurant Toqué!.

Ferme La Fille du Roy

1920, rang Saint-Simon, Sainte-Marie-Madeleine

450-795-3579

www.lafilleduroy.com

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE