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Les «Big Brothers» d'Internet inquiètent

AFP
Bruxelles

Tous espionnés, tous fichés? Les eurodéputés s'inquiètent de la protection des données privées sur Internet, face à des géants comme Google et à l'essor de la publicité en ligne qui rend les renseignements personnels sur les internautes plus précieux que jamais.

«On ne peut pas dissocier données personnelles et concurrence», a prévenu l'eurodéputée néerlandaise Sophia In't Veld lors d'un débat lundi organisé par la commission des Libertés du Parlement européen.

«Ce serait une bonne chose que la Commission réagisse, dans le cadre de la fusion entre Google et DoubleClick ou à une autre occasion», a insisté une autre eurodéputée.

Les services européens de la concurrence, qui enquêtent sur le projet de rachat par Google de la régie de publicité en ligne DoubleClick, ont écarté l'aspect des données privées, jugeant qu'il ne relevait pas de leurs compétences.

La Federal Trade Commission (FTC) américaine a déjà approuvé ce projet, renonçant elle aussi à des mesures de sauvegarde des données personnelles malgré les plaintes d'associations de consommateurs.

Selon Cornelia Kutterer, de l'association européenne de consommateurs Beuc, beaucoup d'internautes surestiment le caractère privé d'Internet.

«Les entreprises n'indiquent pas de manière suffisamment claire leur politique en matière de protection des données personnelles», dénonce-t-elle. «C'est illisible pour le consommateur de base.»

Les internautes sèment leurs informations partout, souvent involontairement.

Des cookies, logiciels espions installés sur leur disque dur, enregistrent les sites visités, les recherches effectuées. Le géant américain Google scanne le contenu des courriels sur son service de messagerie, «pour protéger les consommateurs des spams, des virus», mais aussi «pour cibler les publicités en se basant sur le contenu des mails», reconnaît un de ses juristes, Peter Fleischer.

Les informations collectées permettent en effet des publicités «sur-mesure».

«Internet s'est développé grâce à la publicité, qui a permis la gratuité ou quasi gratuité des logiciels. Tous ceux qui veulent protéger les consommateurs doivent aussi voir les bénéfices qu'ils en retirent», se justifie Peter Fleischer.

«Les services ne sont pas gratuits pour les consommateurs», rétorque Cornelia Kutterer, ils «abandonnent leurs données personnelles».

«Les données privées représentent une valeur réelle avec un impact économique considérable», insiste Sjoera Nas, de l'autorité néerlandaise de protection des données DPA.

La publicité en ligne représente un marché mondial de 27 milliards de dollars par an, qui pourrait doubler d'ici quatre ans et fait saliver les géants de l'Internet: Google a offert 3,1 milliards de dollars pour DoubleClick, Microsoft 6 milliards pour la régie de publicité aQuantive.

Mais les eurodéputés ont mesuré lundi la difficulté de protéger les données privées. Les problèmes commencent avec leur définition: un nom ou un numéro de sécurité sociale permettent d'identifier un internaute, mais qu'en est-il de l'adresse IP, le numéro attribué à chaque ordinateur connecté à Internet?

Autre question sensible, la durée de conservation des données et leur communication à des tiers, autorités judiciaires ou gouvernementales. Une problématique déjà abordée en Europe quand les Etats-Unis avaient exigé la communication de renseignements sur les passagers des compagnies aériennes.

La FTC avait appelé en décembre les sociétés Internet à s'autodiscipliner, en avertissant les internautes de la collecte de données et en demandant leur accord.

Mais «la coopération transfrontalière est un aspect clé de la protection des consommateurs et de la vie privée, qui ne peut pas être confinée à un Etat», a reconnu Pamela Harbour de la FTC.




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