Les Jeux olympiques de Vancouver maintenant terminés pour la Québécoise Joannie Rochette, après sa médaille de bronze, la jeune femme de 24 ans pourrait, en principe, se retirer de l'oeil du public pour vivre le deuil de sa mère en toute intimité. Mais c'est mal connaître l'athlète de l'Ile-Dupas, dans Lanaudière, qui au cours des prochaines heures va honorer ses engagements et entrevues qui viennent avec sa médaille olympique.

Mis à jour le 26 févr. 2010
Helen Moka LA PRESSE CANADIENNE

«Je vais rester jusqu'à la fin des Jeux, ma famille reste ici et mon père aussi», a affirmé Rochette maintenant que ses compétitions sont terminées.

«J'ai le soutien des gens pour vivre mon expérience olympique à fond. C'est ce que ma mère aurait voulu. Je le sais.»

D'ici la cérémonie de clôture des XXI Jeux olympiques d'hiver, Rochette participera aussi au gala de démonstration, samedi au Pacific Coliseum, là où les champions du patinage artistique, sans pression, se font plaisir sur la glace au grand bonheur des spectateurs.

Par la suite, la jeune femme, son père Normand et une dizaine de proches retourneront dans leur patelin près de Berthierville pour organiser les funérailles de Thérèse Rochette. La femme de 55 ans est décédée subitement dimanche matin, au lendemain de son arrivée aux Jeux de Vancouver pour supporter sa fille unique qui en était à sa deuxième participation olympique.

Dans les circonstances, il est encore difficile de savoir si la sextuple championne canadienne et vice-championne du monde a même songé à poursuivre sa carrière en patinage artistique, ou si elle compte maintenant prendre sa retraite.

«Elle aura des décisions à prendre après les Jeux», a dit son entraîneure Manon Perron en entrevue à La Presse Canadienne, avant le décès de Mme Rochette.

«Elle devra songer à si elle continue encore un an ou quatre ans, ou si elle souhaite plutôt retourner à l'école. Elle a plein de possibilités devant elle.»

Quant à Manon Perron, qui travaille avec Rochette depuis 11 ans, l'heure est presque venue de tourner la page.

«Je finis les Jeux olympiques et les championnats du monde avec Joannie. Ensuite, j'irai travailler avec la Fédération de patinage artistique du Québec pour aider tous les athlètes et les entraîneurs qui se développent à passer plus facilement par le chemin par lequel je suis passée il y a quelques années. Je vais les aider à trouver des intervenants en psychologie, en chorégraphie, en conditionnement physique, organiser des séminaires et motiver des athlètes, organiser la relève du Québec finalement.»

Un peu comme Danièle Sauvageau au hockey féminin, Manon Perron deviendra ce qu'on appelle une entraîneure expert afin d'aider la relève québécoise à suivre dans les traces de sa protégée Joannie Rochette. Une relève assurée, selon les dires de Perron.

«On a une relève extraordinaire. Puis je vais te dire que les athlètes du Québec, ils n'ont rien à envier à personne. Ils ont pas mal tout ce que ça leur prend pour performer.»