L'animateur Claude Mailhot et l'analyste Alain Gold-berg doivent s'excuser ce matin à la télévision pour des propos tenus sur le patineur américain Johnny Weir, jugés homophobes par le Conseil québécois des gais et lesbiennes. Les commentaires pour le moins maladroits ont été prononcés durant l'émission Le réveil olympique, à RDS et à V, mercredi matin, au lendemain du programme court de patinage artistique chez les hommes aux Jeux de Vancouver.

Mis à jour le 19 févr. 2010
Richard Therrien LE SOLEIL

Très bien connu des amateurs de cette discipline, Goldberg y a notamment affirmé que Weir «laisse une image assez amère pour le patinage artistique. (...) On pense que tous les garçons qui patinent vont devenir comme lui. Alors, c'est un très mauvais exemple.» «On n'a pas tort de le décrier. Il a du rouge à lèvres, il s'habille de façon féminine, il essaie d'être le plus féminin possible sur la glace», a-t-il poursuivi.

 

Claude Mailhot en a remis en faisant un lien entre Weir et la controverse autour du véritable sexe de la coureuse sud-africaine Caster Semenya, à qui on avait imposé des tests gynécologiques l'été dernier. «Moi, j'aimerais ça qu'il passe ces tests-là, lui!» a lancé Mailhot, suggérant à la blague que Johnny Weir compétitionne chez les dames. Le président-directeur général du Conseil québécois des gais et lesbiennes, Steve Foster, était furieux lorsqu'il a entendu les propos des deux hommes, et a demandé des excuses publiques par voie de communiqué hier. «C'est comme si Johnny Weir n'avait pas sa place dans ce sport-là, parce que ça viendrait entacher la virilité du patinage artistique. Je ne savais pas qu'il fallait avoir l'air d'une armoire à glace pour faire du patinage!»

Le Consortium médiatique canadien de diffusion olympique, dont V et RDS font partie, n'a pas voulu défendre ses animateurs, reconnaissant que tout propos discriminatoire n'a pas sa place dans les médias.