(Montréal) Eugène Lapierre craint que le tournoi de la Coupe Rogers ne soit le prochain à y passer.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

« Il ne faut pas se mettre des ornières : on voit bien comment les choses se déroulent », a déclaré le directeur du tournoi montréalais au cours d’un entretien téléphonique avec La presse canadienne, mercredi.

Après l’annonce de l’annulation du tournoi de Wimbledon plus tôt en raison de la pandémie de COVID-19, les circuits de l’ATP et de la WTA ont repoussé la reprise de leurs activités jusqu’au 13 juillet, soit après la portion sur gazon du calendrier. C’est dangereusement près du tournoi montréalais.

« On attendait la décision de Wimbledon depuis quelque temps déjà, a ajouté Lapierre. On savait que ça se préparait, que la saison sur gazon allait être annulée. Les tournois sur gazon sont très difficiles à reporter en raison de la température. »

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Eugène Lapierre

« Ça nous mène donc au 13 juillet avant qu’on ne puisse frapper des balles sur un court professionnel. Ça devient embêtant. Je pense que les chances diminuent de beaucoup. Mais nous n’avons pas le choix de garder les possibilités ouvertes et voir comment ça va se dérouler jusque-là. »

La Coupe Rogers doit avoir lieu du 7 au 16 août prochain.

« C’est encore dans quatre mois dans notre cas. On peut penser que c’est long, mais on va voir de la façon que la situation évolue », a souligné Lapierre.

À moins de changements importants à la situation actuelle, Lapierre se donne jusqu’au 1er juin pour prendre une décision finale.

À deux mois, c’est pas mal limite pour prendre une décision, mais ça nous laisse suffisamment de temps. On aimerait en avoir plus si on est pour tenir l’événement. Entre-temps, c’est inutile de brasser mer et monde pour l’organisation. Nous sommes assez prêts de toute façon.

Eugène Lapierre

Décisions communes

Contrairement à ce qui s’est fait plus tôt en saison, notamment avec le report unilatéral des Internationaux de France en septembre, les circuits et les organisateurs de tournoi sont maintenant au même diapason.

« Ça a été la stratégie du circuit jusqu’à date, a noté Lapierre. Depuis le report d’Indian Wells, qui s’est fait unilatéralement, il y a ensuite eu Miami, décrété par l’ATP. Ils n’ont pas trop discuté avec la WTA et ensuite, c’est Roland-Garros qui a pris sa décision seul de son côté. Tout le monde s’est alors mis ensemble pour se dire : “Arrêtons de jouer aux fous. Prenons nos décisions ensemble” ».

« Alors tout le monde avait parlé avec Wimbledon d’avance. Ils savaient quel était leur processus. L’ATP et la WTA ont suivi quelques minutes après l’annonce de Wimbledon. Au moins, tout le monde se parle et les décisions vont se prendre ensemble. Ça va se faire par étape. […] On est donc rendu à la saison sur surface dure qui mène aux Internationaux des États-Unis. On va voir comment les choses vont se dérouler. »

Lapierre discute régulièrement avec les dirigeants des autres grands événements de la province, qui sont aussi inquiets que lui.

« C’est certain qu’on se demande ici au Québec ce qui va se passer. Nous avons une réunion vendredi avec d’autres événements majeurs de la province. Tout le monde souhaite savoir comment les choses vont aller. Certains de ces événements ont lieu en mai et en juin. »

Tout est donc sur la glace pour le tournoi montréalais, mais certains amateurs ne se sont pas gênés pour acheter des billets malgré la situation actuelle.

« La semaine dernière, nous avons vendu pour près de 10 000 $ de billets ! J’ai dit à ma gang : “Voulez-vous me dire qui achète des billets de ce temps-là ?". Cela dit, les ventes allaient bien avant que cette pandémie nous touche. »