Alexis Galarneau s’est incliné en deux manches jeudi, au deuxième tour du Challenger de Cary, à 30 minutes de l’Université d’État de Caroline du Nord, où il étudie. Ce revers met fin à une séquence de six victoires.

Frédérick Duchesneau Frédérick Duchesneau
La Presse

Au moment de l’entrevue, mardi, il sortait à peine du court, après son match de premier tour. Il avait disposé en trois manches de l’Américain Mackenzie McDonald, 57e mondial il y a tout juste 18 mois.

« Mon université a travaillé fort pour recevoir des laissez-passer en simple et en double et on m’a donné la wild card pour le simple », a-t-il expliqué.

Galarneau a modifié ses plans in extremis, à la fin de l’été, en raison de la COVID-19. Il comptait faire le saut chez les pros cette année. Finalement, ça attendra un an de plus.

Parce que devant la reprise hésitante du calendrier professionnel, il a plutôt décidé de retourner à l’université, où il venait de décrocher un diplôme en finances, au terme de quatre années sur les bancs.

« J’ai dû prendre une décision à la dernière minute », dit-il.

Le Québécois bénéficie de la dérogation exceptionnelle de la NCAA, qui a accordé une cinquième année aux seniors en raison de la pandémie. Il fait d’une pierre deux coups. Il ajoute une année de tennis universitaire à son bagage et entame un deuxième baccalauréat, en gestion et management du sport (sports management) celui-là.

Son séjour dans la NCAA prendra fin en mai prochain. Quant à son diplôme, il prévoit le terminer en ligne par la suite.

Une victoire décisive

Dimanche, le Lavallois de 21 ans avait remporté un premier titre en gagnant le tournoi ITF de Fayetteville, en Arkansas. Il a signé cinq gains, battant entre autres le favori du tournoi en quart de finale.

Ça faisait du bien de pouvoir compétitionner sur le circuit professionnel. J’ai connu une super belle semaine. J’ai gagné le tournoi de belle manière avec un score assez décisif au dernier match.

Alexis Galarneau

Assez décisif, dit-il. 6-2 et 6-1. Contre le deuxième favori du tournoi, l’Équatorien Roberto Quiroz, 293e mondial. Galarneau, en date de lundi, pointe pour le moment au 573e échelon. Des blessures ont ralenti sa progression ces dernières années. Il était 386e en juin 2019.

Avant Fayetteville, son dernier tournoi remontait à… la fin février, au Challenger de Calgary.

Il espère maintenant participer au Challenger d’Orlando, la semaine prochaine, mais il ne sait pas si son classement le lui permettra. Les tournois de type Challenger se situent juste au-dessus des ITF dans la hiérarchie du tennis masculin.

« Si jamais je ne peux pas faire ce tournoi, je vais continuer à m’entraîner, rester patient et probablement retourner au Canada pour le mois de décembre », note le Québécois, qui a été élu dans l’équipe d’étoiles de la NCAA cette année.

Les bombes de Karlović

Il y a un an pratiquement jour pour jour, Alexis Galarneau prenait part au Challenger de Houston. En quart de finale, il a baissé pavillon contre un certain… Ivo Karlović. Le Croate, qui a déjà grimpé jusqu’au 14rang en 2008, occupe aujourd’hui le 144e. Mais il mesure toujours 6 pi 11 po et sert toujours des balles de feu ! Avec 13 619 as, il est le plus prolifique de l’histoire à ce chapitre. Suivent John Isner et Roger Federer.

« C’était une super belle expérience. Je me rappelle l’avoir vu servir tellement de bombes », lance le jeune Québécois.

Galarneau a perdu le match en deux manches de 7-6. On serait porté à croire qu’il n’a jamais pu prendre le service du géant devant lui. Et pourtant…

« En fait, je l’ai brisé, j’ai même eu la chance de servir pour le deuxième set. Mais je me suis laissé emporter, je pensais à ce que j’allais dire à mes amis, que j’avais brisé Ivo Karlović ! J’ai appris de ça… »