(Madrid) Terminus en quarts de finale pour son retour sur terre : malgré deux balles de match, Roger Federer a plié aux portes du dernier carré au Masters 1000 de Madrid vendredi, pour son premier tournoi sur ocre après trois ans sans y jouer.

Elodie SOINARD
Agence France-Presse

C’est l’Autrichien Dominic Thiem, un des joueurs les plus dangereux sur terre battue, N.5 mondial et finaliste de Roland-Garros en 2018, qui a stoppé le Suisse aux vingt couronnes record en Grand Chelem (3-6, 7-6 (13/11), 6-4), pourtant passé deux fois à un point de la victoire dans le jeu décisif.

Pour une place en finale, Thiem défiera le N.1 mondial Novak Djokovic. Le Serbe a lui économisé ses forces : il a bénéficié du forfait du Croate Marin Cilic, victime d’une intoxication alimentaire. Voilà le Serbe en demi-finales d’un tournoi pour la première fois depuis son sacre à l’Open d’Australie fin janvier, son troisième d’affilée en Grand Chelem.

Même «frustré» d’en être passé si près-un indice qui montre que son retour sur ocre ne se résume pas à une tournée d’adieux-c’est avec satisfaction que Federer quitte la capitale espagnole, lui dont le dernier match sur terre battue avant cette semaine remontait au 12 mai 2016 à Rome et qui se prépare à faire son grand retour à Roland-Garros (26 mai-9 juin).

À Rome avant Paris?

«C’est un bon retour. Je me suis senti bien, je suis très content de mon jeu, j’ai joué deux matchs intéressants, plus un premier bien pour me mettre dans le rythme. Gaël (Monfils) et Dominic (Thiem) sont des adversaires difficiles sur terre. C’est une bonne semaine», estime le Bâlois de 37 ans, tombeur de Richard Gasquet et de Gaël Monfils avant de chuter contre Thiem.

AFP

Dominic Thiem

«Je savais qu’à l’entraînement, j’avais de bonnes sensations sur terre battue, après, en match, c’était un peu l’inconnue. Madrid me donne une certaine idée, et de la confiance dans le fait que mon corps est prêt pour Roland-Garros, c’est la chose la plus importante pour moi. C’est un bon tournoi avec des super infos», poursuit-il.

Illustration de ses bonnes sensations : il envisage de faire le voyage à Rome la semaine prochaine. Il se décidera au cours du week-end.

Sous le soleil madrilène vendredi, Federer, victorieux la veille de Monfils en sauvant deux balles de match, a vécu cette fois le scénario inverse: c’est lui qui a vu s’envoler deux occasions de conclure la partie dans le jeu décisif de la deuxième manche.

Porté par un service très performant et des intentions ultra offensives, il a d’abord empêché Thiem, coupable de quelques fautes grossières, de s’installer dans l’échange comme il affectionne.

Halep à une victoire du trône de N.1

Mais l’Autrichien a progressivement retrouvé de la lourdeur dans ses frappes, jusqu’à entraîner de plus en plus souvent son adversaire dans des échanges plus longs, sa filière de prédilection, après avoir fini par empocher le deuxième set à sa sixième occasion.

Apparu particulièrement convaincant dans le jeu, Federer venait alors de se procurer deux balles de match face au récent vainqueur du tournoi de Barcelone. En vain. Son retour de 4-2 à 4-4 dans la manche décisive n’a pas été non plus concluant.

La seconde demi-finale mettra aux prises les vainqueurs des deux derniers quarts, Rafael Nadal-Stan Wawrinka, et Stefanos Tsitsipas-Alexander Zverev.

Dans le tableau féminin, Simona Halep n’est plus qu’à une victoire de se réinstaller sur le trône du tennis mondial, qu’elle a déjà occupé 64 semaines, avant que Naomi Osaka l’en déloge fin janvier après son sacre à l’Open d’Australie. La Roumaine s’est qualifiée (6-2, 6-7 (2/7), 6-0) pour la finale aux dépens de la Suissesse Belinda Bencic (18e). Elle y affrontera soit l’Américaine Sloane Stephens, soit la Néerlandaise Kiki Bertens.