Dix mois après son accouchement, Serena Williams s'est qualifiée pour les demi-finales de Wimbledon et n'est plus qu'à deux victoires de réussir son pari. Malmenée par l'Italienne Camila Giorgi, l'ancienne numéro 1 mondiale, a renversé la situation grâce à son incomparable puissance.

Mis à jour le 10 juill. 2018
Ludovic Luppino AGENCE FRANCE-PRESSE

Elle affrontera jeudi l'Allemande Julia Görges, 13e mondiale, qui ne l'a jamais battue, alors que l'autre demi-finale opposera une ancienne numéro 1 mondiale, l'Allemande Angelique Kerber, à la championne de Roland-Garros 2017, la jeune Lettone Jelena Ostapenko (21 ans, 12e mondiale).

Serena Williams va-t-elle rejoindre le cercle très fermé des mères titrées en Grand Chelem? La Floridienne, à bientôt 37 ans (le 26 septembre), a parcouru plus des deux tiers du chemin.

Pour égaler l'Australienne Margaret Court, détentrice du record de trophées majeurs (24) - et titrée en étant mère - il lui faudra battre jeudi Görges, un défi largement à sa portée sur papier.

En trois confrontations, l'Allemande de 29 ans ne lui a jamais pris un set. Lors de la dernière, début juin à Roland-Garros, la cadette des soeurs Williams l'avait maîtrisée (6-3, 6-4).

Après cette victoire au troisième tour, elle avait dû renoncer au choc face à Maria Sharapova en huitièmes de finale, en raison d'une blessure aux pectoraux.

Sur le gazon du All England Club, tout va pour le mieux jusqu'ici pour l'Américaine, même si Giorgi et ses frappes puissantes, l'ont bousculée sur le court central.

Jusque-là, l'ancienne numéro 1 mondiale (181e actuellement) n'avait pas cédé une seule fois son service. «Je m'attendais à ce que le match ne soit pas simple. À chaque fois que j'ai joué contre elle, elle évoluait à ce niveau. C'est assez impressionnant», a dit Serena qui mène désormais 4-0 face à la 52e mondiale.

Brisée dans la première manche (2-4), elle a redoublé de solidité au service pour ne plus offrir une seule balle de bris à son adversaire (deux au total dans le match). Elle n'a pas trouvé la solution pour empêcher Giorgi de mener 1 set à 0 et de créer une petite surprise.

Mais les deux autres manches lui ont souri, avec un bris dans chacune grâce à un bon niveau dans les retours.

«Je me sens bien et j'ai le sentiment d'avoir encore mieux joué aujourd'hui», a commenté Serena qui ne dispute que son quatrième tournoi de l'année depuis son retour de grossesse en mars.

«J'ai encore un long chemin devant moi pour revenir au niveau où j'étais», a ajouté l'Américaine, qui retrouvera le top 20 mondial si elle s'empare du trophée pour la huitième fois.

Jeudi, elle disputera sa 11e demi-finale à Londres avec le statut de grandissime favorite face à une joueuse pas attendue à ce niveau. Görges avait essuyé des échecs dès le premier tour lors des cinq dernières éditions...

C'est assez surprenant au vu de son service qui fait des ravages dans le «Temple». Avec 44 aces, elle est la meilleure dans ce secteur, avec cinq longueurs d'avance sur Serena.

Pour la troisième fois depuis le début du tournoi, ce grand gabarit (1,80 m), capable de servir à plus de 200 km/h, a bataillé en trois sets pour s'en sortir. La Néerlandaise Kiki Bertens (20e) a remporté le premier mais a été ensuite renversée 3-6, 7-5, 6-1.

Dans ce tournoi plein de surprises où les dix premières têtes de série ont chuté avant les quarts, la logique du classement a été respectée mardi. Kerber (10e) a eu besoin de sept balles de match mais elle a fini par conclure face à la talentueuse russe Daria Kasatkina (21 ans, 14e mondiale) 6-3, 7-5.

«On a joué un niveau très élevé surtout à la fin. Elle m'a fait courir partout», a expliqué Kerber qui accède au dernier carré pour la troisième fois, après sa première demi-finale en 2012 perdue face à la Polonaise Agnieszka Radwanska, et sa finale, perdue devant Serena Williams en 2016.

L'Allemande de 30 ans affrontera pour la première fois Ostapenko (12e), qui après son titre en juniors en 2014, rêve d'un doublé. La Lettone de 21 ans a dominé la Slovaque Dominika Cibulkova (33e) 7-5, 6-4 après avoir été mené 3-1 dans le premier set.