Le Suisse Roger Federer, deuxième mondial, a donné une leçon de tennis au Canadien Milos Raonic, lundi aux Internationaux d'Australie, remportant leur match de quatrième tour, 6-4, 7-6(4) et 6-2.

Mis à jour le 22 janv. 2013
Michel Marois LA PRESSE

Raonic, 13e favori du tournoi, a joué en dépit d'une blessure à un orteil du pied gauche. «La blessure n'a pas vraiment influencé le résultat, a-t-il expliqué, quelques heures après sa défaite, en conférence de presse téléphonique pour les médias canadiens. Quand Roger [Federer] joue de cette façon, c'est vraiment difficile de le vaincre...»

Le joueur de 22 ans avait de la difficulté à marcher, hier matin, et n'a obtenu l'autorisation de jouer que 45 minutes avant le match, après un examen par résonnance magnétique. «Je craignais une fracture de stress, mais j'ai été rassuré par le diagnostic et j'ai pu oublier la blessure au moment d'entrer sur le terrain. Dans les circonstances, je suis content d'avoir pu m'accrocher comme je l'ai fait.»

Raonic a effectivement fait illusion pendant deux manches grâce à ses puissants services, mais il n'a jamais réussi à mettre son rival en difficulté. Il n'a obtenu aucune balle de bris de tout le match...

Federer a d'ailleurs frôlé la perfection et n'a commis que 12 fautes directes (seulement quatre dans les deux premières manches), tout en réussissant 34 coups gagnants. Le Suisse a aussi poussé Raonic à faire pas moins de 41 fautes directes.

«J'ai vraiment bien joué ce soir, a reconnu Federer en conférence de presse. Si je peux maintenir un tel niveau de jeu, j'aurai de bonnes chances d'aller très loin dans ce tournoi. Contre Milos, je me suis d'abord concentré sur mon propre service avant de penser au sien... Plus le match avançait, plus j'étais à l'aise au retour.»

Federer, déjà vainqueur de 17 titres majeurs, s'est qualifié en quart de finale pour la 35e fois consécutive en Grand Chelem et il vise un cinquième titre à Melbourne. Le Suisse de 31 ans, qui affrontera le Français Jo-Wilfried Tsonga, a quand même été élogieux envers Raonic.

«Ce que j'aime bien chez lui, c'est qu'il est visiblement très motivé et prêt à faire les efforts pour s'améliorer, a expliqué Federer. Il est bien entouré, voyage toujours avec la même équipe. On voit qu'il est bien préparé, aussi bien en match qu'à l'entraînement, et qu'il se concentre sur les choses importantes pour sa carrière.»

Faute d'aller plus loin à Melbourne, Raonic devrait rentrer bientôt au Canada, où il doit disputer la semaine prochaine la rencontre du Groupe mondial de la Coupe Davis contre l'Espagne. Il a estimé que sa blessure ne remettait pas en question sa présence à Vancouver.

«En principe, cela ne prendra que quelques jours pour revenir à la normale, a expliqué Raonic. Je vais sans doute rester ici quelques jours pour subir des traitements, puis je rejoindrai l'équipe canadienne à Vancouver pour reprendre l'entraînement ce week-end.»

Le capitaine canadien Martin Laurendeau annoncera sa formation aujourd'hui. Raonic en sera assurément le fer de lance, puisque l'équipe pourrait être privée de son deuxième joueur en simple, Vasek Pospisil, malade, et qu'elle ne pourra encore aligner sa nouvelle recrue, le transfuge américain Jesse Levine.

En face, l'Espagne sera aussi privée de ses meilleurs joueurs, notamment Rafael Nadal (4e joueur mondial) et David Ferrer (5e), mais l'équipe espagnole a beaucoup plus de profondeur, avec six autres joueurs dans le top 50.

> Sur le blogue de tennis de Paul Roux: Federer comme avec Roddick