Andy Murray et Fernando Verdasco, catalogués comme outsiders à Roland-Garros, ont séduit lors d'une première journée sans frissons dimanche en attendant l'entrée en lice de Nadal, Federer et Djokovic.

Jacques KLOPP AGENCE FRANCE-PRESSE

Alors que chez les dames, la tenante du titre Ana Ivanovic a peiné pour battre l'Italienne Sara Errani (7-6, 6-3), l'Ecossais et l'Espagnol n'ont fait qu'une bouchée de Juan Ignacio Chela (6-2, 6-2, 6-1) et Florent Serra (6-2, 6-1, 6-4), deux joueurs pourtant pas manchots sur terre battue.

Situés dans la moitié de tableau de Nadal, Murray et Verdasco doivent encore confirmer leur potentiel de nuisance face à une adversité plus dangereuse. Mais leurs ambitions ont d'ores et déjà été confortées.

 «Je ne m'attendais pas à jouer si bien. J'ai frappé plus de soixante points gagnants ce qui est assez remarquable vu la durée du match», s'est félicité Murray. «J'y crois, sinon qui le ferait?», a déclaré Verdasco.

Les deux n'ont certes encore jamais brillé à Roland-Garros où Verdasco reste sur deux huitièmes de finale et Murray sur un troisième tour. Mais depuis un an, ce ne sont plus du tout les mêmes joueurs.

Transformés

A 22 ans, Murray est devenu N.3 mondial en s'imposant comme un possible vainqueur de Grand Chelem sur surface rapide. Son potentiel sur terre battue reste à définir. Mais son physique amélioré et son intention d'y jouer son jeu l'ont déjà amené en demi-finale à Monte-Carlo et en quart à Madrid, des performances qu'il n'avait jamais réalisées sur ocre.

«Aujourd'hui, je savais exactement ce qu'il fallait faire, a déclaré Murray. Je suis un joueur différent par rapport aux années précédentes.»

Verdasco est lui carrément transformé depuis qu'il a apporté le point décisif à l'Espagne lors de la finale de Coupe Davis en Argentine début décembre.

Demi-finaliste deux mois plus tard à l'Open d'Australie, le N.8 mondial a atteint un degré de confiance lui permettant d'arriver au moins en quart de finale des huit tournois qu'il a disputés cette saison.

«Avant, je partais pour faire le maximum. Aujourd'hui, c'est pour gagner», a-t-il résumé. Reste à franchir la dernière étape, gagner contre les meilleurs.

«Je suis persuadé d'en avoir les moyens. Mon but est déjà d'arriver jusqu'à Nadal.» Ce serait en quarts de finale.

En attendant, l'objectif sera de «lâcher le moins d'énergie possible». «Mais j'ai eu tableau très difficile», a-t-il constaté, avec la perspective de croiser Nicolas Almagro, quart de finaliste 2008, au troisième tour.

Ivanovic dans le dur

Son ex-petite amie, Ana Ivanovic, a été dans le dur d'entrée face à Errani, 44e mondiale, qui a servi pour le gain du premier set. «J'ai dû batailler pour m'en sortir», a reconnu la Serbe qui doit encore se rassurer après avoir connu beaucoup de blessures et de déceptions depuis sa victoire à Paris en 2008.

Pour le reste, la journée a été marquée par les victoires de deux anciens N.1 mondiaux. Marat Safin était «satisfait du score mais pas de la manière» après avoir battu (6-4, 6-4, 6-4) le Français d'origine russe Alexandre Sidorenko. Ce dernier était surtout ravi d'avoir pu rencontrer son idole de jeunesse avant qu'il ne raccroche à la fin de la saison.

Lleyton Hewitt a, comme souvent, commencé par un match en cinq sets. Malgré 55 aces, nouveau record mondial, Ivo Karlovic a vu que l'Australien n'avait rien perdu de ses qualités de guerrier (6-7, 6-7, 7-6, 6-4, 6-3).

Pas de miracle en revanche pour le vainqueur 2004, Gaston Gaudio, expédié 6-3, 6-4, 6-1 par Radek Stepanek. Mais ce n'est «que le début», a promis l'émotif Argentin qui, à 30 ans, ne veut plus entendre parler de retraite après des années d'errance.