Claressa Shields prédit une victoire facile contre Marie-Eve Dicaire le 5 mars

Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

Dire que Claressa Shields respire la confiance tient de la litote.

L’Américaine de 25 ans n’a pas manqué de souligner à quel point elle était supérieure à Marie-Eve Dicaire (17-0) dans la visioconférence servant à faire mousser la présentation de leur combat d’unification des super-mi-moyennes prévu le 5 mars, au Dort Federal Credit Union Event Center de Flint, au Michigan, patelin de Shields.

Peut-on vraiment lui reprocher son attitude ? Difficilement.

Après deux médailles d’or olympiques, Shields (10-0, 2 K.-O.) a tout balayé sur son passage depuis son arrivée chez les professionnelles. Elle est devenue championne unifiée des super-moyennes à son quatrième combat seulement.

« La télé à la carte est en direct et elle va se coucher au cinquième, a indiqué Shields sans détour quand on lui a demandé sa prédiction. Je pense qu’au départ, ce sera serré, mais elle va finir par casser. […] J’ai les habiletés et la volonté de la briser. »

C’est bon d’avoir la foi, c’est bon pour toi, Claressa. Je pense que le combat n’ira pas en ce sens. […] Plus le défi est grand, plus je sors le meilleur de moi-même.

Marie-Eve Dicaire

« Il n’y a qu’une meilleure boxeuse au monde : c’est moi. Je respecte les habiletés de Marie-Eve Dicaire, mais je ne crois pas qu’elle pense vraiment remporter ce combat, avait lancé Shields plus tôt. Je ne le sens pas. Elle va venir pour se battre, mais je ne l’entends pas se vanter de ce qu’elle va faire pendant le combat. […] Je vais aller là pour lui botter le derrière. »

« Le fait qu’elle soit la meilleure livre pour livre est la principale raison pour laquelle nous avons accepté ce combat, a répondu Dicaire. Petite, je voulais être championne. Maintenant que je le suis, je veux battre la meilleure. »

Alors ? Confiance ou arrogance ?

« Jamais je ne vais regarder une adversaire de haut, a noté Shields. Mais j’ai vu ses combats et elle n’a jamais affronté une boxeuse de mon niveau. Je suis une athlète différente, je suis d’une autre classe. Je crois qu’elle va venir préparée. Je pense qu’elle va montrer des trucs que nous n’avons pas vus encore. Mais je ne crois pas qu’une femme puisse me battre. »

Enjeux historiques

Les enjeux sont grands dans ce combat : les trois ceintures détenues par les deux super-mi-moyennes – celle de l’International Boxing Federation (IBF) pour Dicaire, ainsi que celles du World Boxing Council (WBC) et de la World Boxing Organization (WBO) de Shields – en plus du titre de super championne vacant de la World Boxing Association (WBA).

Shields, qui a remporté neuf titres mondiaux dans trois divisions de poids différentes, tente de devenir la première championne unifiée tous genres confondus de deux divisions de poids depuis l’avènement des quatre ceintures.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Marie-Eve Dicaire

Dicaire en sera quant à elle à une quatrième défense de sa ceinture de l’IBF.

Mais la soirée se veut également historique : le gala sera exclusivement féminin et mettra à l’affiche trois autres combats de championnat du monde.

« Mon équipe et moi nous sommes dit que c’était le temps de faire un pas vers l’avant, de prendre quelques risques afin de montrer au monde que la boxe féminine est là et que nous n’attendrons pas qu’on nous donne une opportunité, nous allons la créer », a affirmé Shields.

Je me bats contre une autre championne du monde : nous n’allons pas attendre qu’un réseau organise ce combat. Nous allons faire notre propre chemin.

Claressa Shields

« Je pense que c’est un excellent combat pour aller de l’avant. […] On nous donne toute sorte d’excuses pour ne pas nous payer autant que les hommes. Maintenant, en ayant le nombre de ventes à la télé à la carte en main, on pourra avoir un bon argument. »

« Je pense que c’est une grande porte d’entrée, a poursuivi Dicaire. Nous, au Québec, on a eu le courage de le faire. Aux États-Unis, ils sont à la traîne sur ce point. La visibilité, le nombre de gens que nous pourrons toucher avec ce gala, c’est beaucoup plus important qu’au Québec et au Canada. […] Je veux inspirer les gens, ouvrir les barrières et détruire les tabous. »