(Montréal) Yvon Michel n’est pas de ceux qui ont fustigé le World Boxing Council (WBC) pour la création d’une nouvelle division de poids pour les boxeurs de 200 à 224 livres. Au contraire.

Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

Petit retour en arrière : en novembre dernier, le WBC annonce la création des super-lourds-légers, une division qui fait le pont entre les lourds légers, jusqu’à 199 livres, et les lourds, maintenant à 225 livres et plus au sein de cet organisme. En anglais, le WBC a baptisé la division Bridgerweight, en l’honneur de Bridger Walker, jeune garçon qui a survécu à une attaque de chien.

Alors voilà, plusieurs observateurs, voire même quelques boxeurs, estiment que pour redorer son blason, la boxe (et le WBC, qui a tendance à appliquer ses propres règles quand vient le temps de déterminer ses champions et leurs aspirants) n’avait pas besoin d’une nouvelle division et d’un nouveau champion.

Chaque fois qu’il y a eu introduction d’une nouvelle division de poids, il y a eu de la controverse et ça n’a pas fait l’unanimité. Quand les premières sous-divisions sont arrivées, on disait qu’on dénaturait la boxe et les divisions de poids historiques.

Yvon Michel, président de GYM

On pourrait accuser Michel de prêcher pour sa paroisse : le WBC a décrété que le premier aspirant à cette nouvelle ceinture (évidemment vacante) est Oscar Rivas, protégé du promoteur montréalais. Or, le président de GYM estime que la nouvelle venue était nécessaire.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Oscar Rivas a été nommé premier aspirant de la nouvelle division.

« Regardez entre les poids minimum et les poids coqs : il y a cinq divisions. Pourtant, ente un minimum et un coq, il n’y a que 13 livres d’écart. »

L’arrivée des super-lourds-légers fait plein de sens. Regardez la taille des champions : tu pouvais opposer un gars de 200 livres à un gars de 300 dans les conditions actuelles.

Yvon Michel, président de GYM

Anthony Joshua, six pieds sept, 231 livres à son dernier combat, détient trois des quatre ceintures des lourds. Tyson Fury, six pieds neuf, 273 livres, a l’autre. À une certaine époque, le Russe Nikolai Valuev était champion : sept pieds, plus de 300 livres.

Rivas ? Six pieds et un demi-pouce, selon Boxrec. Son dernier combat à 239 livres. Depuis 2009, son poids à la pesée oscille entre 225 et 251 livres.

« Les grands et gros boxeurs préfèrent affronter des boxeurs au gabarit semblable, explique Michel. Nous avons eu des discussions avec le clan Fury pour Rivas dans le passé. Fury ne voulait pas se battre contre Rivas, prétextant qu’il n’est pas capable d’affronter de “ petits ” boxeurs comme lui.

« Le fait que ces géants soient en contrôle de la division, ça prive des gars comme Oscar d’obtenir des combats de championnat du monde. »

Michel travaille présentement à mettre sur pied un gala d’envergure à Montréal en mai en compagnie de Top Rank et de son grand manitou, Bob Arum.

Si ces plans se concrétisent, Rivas assurerait alors la finale pour le titre des super-lourds-légers.

« On pense que ça va augmenter la valeur de Rivas, même chez les lourds », conclut le promoteur.