(Montréal) Marc Ramsay aime bien que ses boxeurs connaissent leur environnement à l’approche d’un combat. Il ne pouvait être plus heureux qu’Artur Beterbiev défende ses deux ceintures face à Fanlong Meng à Québec.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

« Il y a eu beaucoup de pourparlers pour que ce combat ait lieu en Chine, on ne voulait pas faire ça, a-t-il expliqué à son retour de la conférence de presse annonçant l’événement qui aura lieu au Centre Vidéotron, le 28 mars. Quand on nous a parlé des États-Unis ou du Québec, il n’y avait aucun doute pour nous que l’option du Québec était celle qu’on préférait. Pas seulement pour une question de logistique, mais aussi pour une question de plaisir de boxer à la maison. Artur a fait ses huit premiers combats au Québec et c’est très important pour lui. Sa famille est ici, il se sent de plus en plus comme un Québécois. Tout son entourage est bien content de ça. »

« Pour moi, ça facilite une partie du camp. Il y a une partie du travail de visualisation qui est fait. On sait de quoi l’aréna a l’air, on sait à quel hôtel on logera, quel gymnase on utilisera, même quels restaurants où nous irons manger. »

Beterbiev (15-0, 15 K.-O.) met ses ceintures de mi-lourds du World Boxing Council (WBC) et de l’International Boxing Federation (IBF) face au Chinois Meng (16-0, 10 K.-O.). Meng est l’aspirant obligatoire au titre de l’IBF de Beterbiev, qui se battra pour une première fois au Québec depuis qu’il est devenu champion du monde.

Le Russe a d’abord mis la main sur le titre IBF face à Enrico Kölling en novembre 2017. Il a défendu ce titre trois fois depuis, ajoutant au passage la ceinture du WBC, alors détenue par Oleksandr Gvozdyk, en octobre dernier. Il s’agira d’une première défense de ce titre pour lui.

Meng peut sembler sorti de nulle part pour certains amateurs de boxe, mais Ramsay l’a à l’œil depuis un certain temps.

PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Marc Ramsay

« Je le connais depuis qu’il est chez les amateurs, a-t-il noté. C’est un gars qui a eu une très belle carrière chez les amateurs : il a participé aux Jeux olympiques, il a remporté une médaille de bronze aux Jeux asiatiques. C’était évident pour moi qu’il allait connaître une belle carrière (professionnelle). Je l’ai vu monter les échelons jusqu’au premier rang de l’IBF. On savait alors qu’on allait s’y frotter un jour. »

« J’ai une comparaison facile pour les gens du Québec : il me fait vraiment penser à Lucian Bute dans ses bonnes années. C’est un gaucher de six pieds deux, rapide, doté d’une bonne force de frappe, très fort en contre-attaque, sans faiblesse majeure. C’est un gars qui a roulé tellement longtemps en boxe amateur qu’il est très complet. On a un vrai dossier entre les mains. »

Il fallait donc trouver les partenaires d’entraînement adéquats afin de permettre à Beterbiev d’être paré à toute éventualité face à Meng.

« Comme (Meng) est gaucher, ça demande plus de recherche, a admis Ramsay. Il a aussi des qualités techniques que d’autres boxeurs n’ont pas. C’étaient nos deux grandes problématiques. »

Beterbiev a la réputation d’être un dur dans le ring, qu’une ceinture soit à l’enjeu ou qu’il échange avec un partenaire d’entraînement. Ça augmente la difficulté pour l’entraîneur de trouver les partenaires dont il a besoin ?

« Il y a encore un peu une légende autour des difficultés d’échanger avec Artur à l’entraînement, a dit Ramsay en riant. C’est un peu vrai, mais c’était beaucoup plus compliqué auparavant, car on n’avait pas les budgets requis pour faire les camps qu’on voulait. Maintenant, on est impliqué dans des combats beaucoup plus lucratifs, qui nous permettent d’investir les sommes nécessaires pour payer les gens convenablement. Oui, ils coûtent plus cher et nous avons plus de partenaires qu’avant : jusqu’à six pour ce combat. Ça ressemble un peu aux camps de Mike Tyson dans les années 1980 : il y a plein de monde en ville et on les prend un après l’autre. »

C’est la première fois de sa carrière d’entraîneur que Ramsay travaille avec un boxeur détenant plus d’un titre. Mais Beterbiev et lui n’ont pas l’intention de s’arrêter là : ils veulent carrément balayer la division.

« Le plan de match, c’est d’aller chercher les quatre ceintures. On laisse ça dans les mains des promoteurs d’Artur (Top Rank), mais ils savent exactement ce qu’on veut et où on veut s’en aller. Tout le monde est d’accord avec ça. Entre-temps, moi comme entraîneur et Artur comme boxeur, on ne peut avoir la tête ailleurs que Fanlong Meng. »

Groupe Yvon Michel présente ce gala en copromotion avec Top Rank et plusieurs de ses boxeurs se retrouveront sur cette carte. C’est le cas du poids lourd Oscar Rivas (26-1, 18 K.-O.) et du mi-moyen Mikaël Zewski (34-1, 23 K. -O.). Leurs adversaires, comme le reste de la carte, seront dévoilés à une date ultérieure.