Dans les dernières semaines, Kim Clavel (11-0-0, 2 K.-O) a pris le temps « d’être toute seule » et de « se recentrer sur [elle-même] » pour savoir ce qu’elle souhaitait réellement vivre dans un ring au cours des prochaines années. Mais la grande question était de savoir avec qui elle allait le faire.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

La boxeuse, qui n’a pas renouvelé son contrat avec Eye of the Tiger Management (EOTTM), a officiellement signé son entente avec le Groupe Yvon Michel (GYM), lundi. Le pacte de trois ans lui offre une sécurité financière, mais surtout un plan à long terme devant la mener à un combat de championnat du monde, s’est-elle réjouie, mardi.

« Yvon [Michel] m’a fait part de son intérêt. J’ai pris le temps de réfléchir, de négocier et on a trouvé un beau terrain d’entente. Ce qui est le fun est que j’ai un plan d’action pour toute l’année 2020. Je vais être la tête d’affiche du Casino pour quatre et peut-être cinq combats. On m’a dit qu’on allait trouver des adversaires qui ressemblent beaucoup aux championnes du monde dans ma catégorie. »

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Kim Clavel à l'entraînement

Clavel remontera dans le ring le 21 mars. L’identité de son adversaire n’a pas encore été dévoilée, mais elle sait déjà que ce gala sera l’occasion d’une grande première. Son combat sera en effet la finale de la soirée.

« Ça va être un stress supplémentaire, mais nécessaire à vivre avant d’aller en combat de championnat du monde. En finale, j’imagine que l’adversaire va clairement représenter un bon défi. On veut prendre encore plus d’expérience avec des adversaires qui vont me challenger. »

Et ce combat de championnat du monde qu’elle évoque depuis plusieurs mois ? « Je n’aime pas m’avancer et dire une date parce que on se met une pression. Selon la bonne progression, je verrais ça fin 2020 ou début 2021. »

Le choix de son équipe

Âgée de 29 ans, Clavel a démarré sa carrière professionnelle en décembre 2017. Elle a enchaîné 11 victoires consécutives et obtenu sa première ceinture – celle des poids mi-mouches de la NABF – en décembre dernier. « J’ai été très active et ça m’a apporté un beau bagage », a-t-elle dit sur les deux dernières années.

En coulisses, par contre, elle se retrouvait au milieu d’une dispute qui opposait Camille Estephan, le président d’EOTTM, à l’entraîneur Stéphan Larouche. Dirigée par Danielle Bouchard, la conjointe de Larouche, Clavel pouvait aussi compter sur Sarah Kali et Nathalie Forget.

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Danielle Bouchard, Nathalie Forget et Kim Clavel

« Ça fait quand même un an et demi que je travaille avec les filles qui sont dans mon coin. On a bâti une belle équipe et je vais garder la même durant mes combats. Stephan, lui, fait un peu le travail de gérant et de conseiller. Pierre Bouchard aussi. Ils vont être inclus et présents dans ma carrière pour m’aider à faire les bons choix et gérer la business de la boxe professionnelle. Ce sont des gens envers qui j’ai très confiance qui vont être avec moi. En ne renouvelant pas mon contrat, j’ai décidé d’avoir mon équipe. »

Clavel, infirmière dans un centre hospitalier de Joliette, a pris un congé sabbatique d’une année pour se concentrer sur sa carrière de boxeuse. Elle compte maintenant faire une demande pour le prolonger.

« Avec mon nouveau contrat, c’est comme si j’avais une sécurité à long terme. Boxer, c’est mon travail, mon gagne-pain et c’est important de bien vivre aussi. Un loyer, ça doit se payer, l’épicerie, ça doit se payer. J’ai eu une offre assez généreuse financièrement et des combats qui seront bien payés. Ça a pesé dans la balance même si je ne suis pas une personne à l’argent. »